Le Cameroun agonise: mobilisons nous pour sa survie

Compatriotes patriotes et démocrates, camarades, frères et sœurs de la Diaspora,

Aucun d’entre nous n’ignore la réalité de la situation de notre pays. Aucun ou très peu peuvent dire aujourd’hui, la vérité dans les yeux, que le Cameroun va bien, qu’il est sur le bon chemin. Non, aucun de nous, sinon très peu. C’est d’ailleurs pour ne pas entendre notre désapprobation que le régime RDPC nous empêche, depuis des années, de participer à l’expression populaire en votant au moins pour l’élection présidentielle.

Mais qu’à cela ne tienne, nous avons le Cameroun en nous comme un enfant chérit sa mère, comme un peuple garde un honneur.

C’est pour l’amour de notre mère patrie que je vous demande de vous mobiliser.

Le Cameroun agonise, chers compatriotes. Qui d’entre vous ne reçoit pas, au jour le jour, des appels de détresse de plus en plus dramatiques en provenance du Cameroun ? On meurt au Cameroun par manque de sang, on meurt parce que le médecin de garde était en vadrouille. On meurt parce qu’on n’avait pas les 20.000 FCFA exigés avant de poser le moindre diagnostic en urgence. On meurt parce qu’on a manifesté pour avoir des latrines propres à l’Université et qu’on s’est fait tirer dessus. On meurt de SIDA parce que la misère pousse à prendre des risques de santé énormes. Qui de nous ne reçoit pas des signaux de détresse chaque jour plus forts ?

Des diplômés de l’Université en oublient les mathématiques élémentaires parce qu’ils font « sauveteurs » depuis 15 ans, « bend skin » depuis 10 ans, même vendeurs de cigarettes ! Là où ils devaient laisser les plus défavoriser se débrouiller, les voilà tous concurrents : parce que le régime ne leur offre rien de bon, aucun espoir. Pire même, le régime ne leur offre que des parcours du combattant pour créer une activité, une corruption galopante, une répression aveugle.

Le Cameroun agonise parce que le mot éducation n’a plus de sens : les diplômes s’achètent en argent ou en nature, les élèves ont perdu le goût du travail bien fait. Les enseignants sont méprisés, mal payés. Les notions d’honnêteté, de travail, de justice ne sont plus celles que l’école et la société donnent aux enfants du Cameroun, à cause de la misère. Et c’est très grave.

Chers compatriotes, nous ne pouvons pas rester là à perfuser chaque mois nos familles, nos frères et sœurs restés au pays à coups de 100 – 100 euros. Nous ne pouvons pas non plus tous les faire sortir du pays, pour venir surtout en Occident où, hélas, le libéralisme sauvage rend la migration très difficile voire périlleuse.

Nous devons aussi stabiliser nos familles sur place, leur redonner l’espoir, les soutenir autrement que par l’envoi d’argent ou les tentatives de migration.

C’est la principale raison pour laquelle nous devons nous mobiliser pour que le Cameroun change en mieux.

Cessons de fermer les yeux sur le bilan catastrophique du régime RDPC et ouvrons les yeux sur la dangereuse dérive dans laquelle ce régime et son chef entraînent le Cameroun. Souhaitons nous nous réveiller un matin par un flash d’information annonçant une tentative de coup d’Etat manqué doublé d’une rébellion comme c’est désormais le cas en Afrique ?

Croyons nous que nous sommes vraiment à l’abri d’une telle dérive ?

Nous devons nous mobiliser maintenant pour que cela n’arrive pas. Nous devons agir pour que Paul Biya et le RDPC quittent le pouvoir avant qu’ils soient obligé de le défendre par les armes.

Oui, chers compatriotes patriotes et démocrates de la Diaspora, engageons nous pour le Cameroun partout où nous sommes, pour dire à ceux qui soutiennent le régime RDPC de Paul Biya, que nous voulons un véritable changement au Cameroun, que nos familles veulent le véritable changement au Cameroun,

mais que leur voix est spoliée à chaque « élection » et qu’elle n’est donc pas entendue.

Exigeons que les conditions électorales garantissent, comme nous le voyons dans la majorité des pays où nous vivons, le respect total de l’expression populaire. Exigeons une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de l’administration et du président de la république.

Sans une CENI, appelons nos familles, nos proches, nos amis vivant au Cameroun et qui ont pu s’inscrire sur les listes électorales (une autre gageure), à ne pas se déplacer pour aller voter aux « élections » législatives et municipales du 22 juillet 2007, car aller voter signifie aussi accepter les règles du jeu. En effet, il ne sert à rien d’aller légitimer, par son vote, un processus dont les résultats sont connus d’avance.

Appelons nos proches à ne pas être les complices de leur propre malheur.

Exprimons aux yeux du monde et des soutiens de Paul Biya et de son régime la désapprobation du peuple camerounais vis à vis des conditions électorales appliquées par le régime RDPC, et des graves conséquences que ce manque de démocratie entraînent, à savoir l’impunité, la gabegie et la corruption, la répression et la régression.

Compatriotes patriotes et démocrates, camarades, frères et sœurs de la Diaspora,

Cet appel que je vous lance n’est pas contraignant. Il est simple à suivre. Simple comme un coup de fil, comme un email, comme une lettre. Donnez simplement la consigne à vos proches, et attendre de voir le résultat.

Votre voix compte, car vous comptez économiquement pour eux et pour le Cameroun.

Votre voix compte, car vous vivez dans les pays de ceux qui soutiennent le régime RDPC contre son propre peuple.

Et ils ne nous négligent que parce que nous nous négligeons nous mêmes.

Ne négligeons pas notre force !

Compatriotes patriotes et démocrates, camarades, frères et sœurs de la Diaspora,

Nous, diaspora, sommes une des solutions pour un Cameroun de progrès, où l’élévation du standard de vie des Camerounais sera une réalité, contrairement à l’installation de la misère telle que nous l’observons aujourd’hui. Exerçons puissamment la solution que nous sommes.

Je compte sur vous pour diffuser largement cette consigne, pour y contribuer, pour vous rendre compte de votre poids réel, pour participer, malgré l’absence du droit de vote, à l’édification d’un Cameroun de la majorité prospère, de la majorité éduquée, de la majorité heureuse.

J’ai confiance en vous, je compte sur vous.

Au nom du CODE, fraternellement, amicalement, combativement,

La Lettre Ouverte en Version PDF Lettre_ouverte_Camerounais_diaspora_juin_2007

Le 18 juin 2007,

Dr. Moïse Essoh

Secrétaire Exécutif du CODE (comitedesuivicode@yahoo.fr)