Dans une perspective à proprement parler au-delà de la réalité, six Conférenciers ont présenté la thématique qu'on voit, le 20 Novembre 2009. Nous sommes alors à l'Institut d'Administration des Entreprises (IAE) de l'Université Jean Moulin Lyon 3, Amphithéâtre C. La salle est bondée. Mais les intervenants monopolisent la parole. Avant la fin d'un débat programmé pour deux heures d'horloge, l'Amphithéâtre se vide conséquemment de sa moitié. Nous avons rappelé aux intervenants les impératifs de la Pédagogie en "milieu adulte" d'après feu Maurice-René Simonnet, Professeur de Sciences Politiques au 15 Quai Claude Bernard, dans les années 1986. En ce temps-là il faut donc le rappeler, Lyon 3 organisait déjà en collaboration avec l'Ecole Supérieur de Commerce d'Ecully, les "Séminaires de la DECTA. " Nous étions rarement plus de dix participants dans l'Amphithéâtre , pour faire ce qui n'est actuellement à n l'IAE, que du bis repetita placent.

Voici notre sommaire :

*Approche thématique globale;

*Polémiques autour de la thématique;

*Déroute flagrante des hypothèses d'une thématique.

1-LA FINANCE ISLAMIQUE : MODELE SACRALISE TOUS AZIMUTS :

Voici un survol possible de l'ensemble de la thématique : l'Islam répand à travers l'humanité depuis des siècles, le message sacré du Prophète. Ce message mal connu, en est pourtant un de piété et d'amour(1). En toutes circonstances il veut inciter le croyant à ne nourrir vis-à-vis de son vis-à-vis(justement) que bienveillance, sollicitude et fraternité dans tous les domaines du quotidien(2). La "Finance Islamique" s'inspire ainsi de ce qui ne constituerait qu'une quasi-viatique, où le marquage du cujus regio, ejus religio, est omniprésent sur toute la ligne. Elle passe sur le corps social un type de rapport entre l'homme, la banque et la finance qui ne veut en rien ressembler au modèle vorace de la finance en cours en Occident en général, récemment d'ailleurs décrié par M. Helmut Schmidt(3). La "Finance Islamique" se veut sobre comme un Musulman pieux, et sacraliserait pratiquement certains interdits , les "islamic bonds"(4( ?). Nous n'en citerions in fine que trois à présent, pour rester en phase avec des impératifs de notre propre méthodologie.

-Exploitation de l'homme par l'homme;

-Recours au "taux d'intérêt" tout court dans les procédures de cession du capital, que le taux en question soit "usuraire" ou qu'il ne le soit pas; -Spéculation immobilière tant en amont qu'en aval , s'agissant du client de la banque islamique qui sollicite un prêt destiné à l'acquisition d'un bien immobilier. . Trois exemples d'interdictions sacralisées, pas plus : la matière interprétable court dans tous les sens, et aurait pu retenir les participants pendant plusieurs jours, voire des semaines. Le shéma que nous avons retenu rappelons-le, est expressément "discursif".

2-CONFRONTATION D'UN MODELE SACRALISE A LA THEORIE :

A la place de "Finance Islamique", il n'en est rien en réalité. Sur le plan concret, la "Finance Islamique" n'est ni plus ni moins que la "Finance" tout court, avec ses exigences de haut en bas. Mais l'espace des règles de la finance universelle ici et là, est plutôt phagocyté par des interdits du Coran, qui ressemblent dans certaines de leurs fébriles ostentations, aux "Fatwa". Les toutes premières moutures du "Code d'Ammourabi" font référence aux genres d'interdits qui apparaîssent : comment ces genres s'appliqueraient-ils sur l'espace judéo-chrétien européen selon Peinado (5) ? L'interdit islamique fait couper la main de celui qui vole ou usurpe le bien du tiers; il fait lapider en public et sans aucune pudeur, la femme adultère, etc, etc.

L'Anthropologie l'a démontré : toutes les sociétés parce qu'humaines, ne sauraient pourtant fonctionner à partir des codes résolument différents (Lévy Strauss, Algirdas Julien Greimas, François Luchaire, Kotto Essomé, Roger Bastide. ). Souvent celui qui veut couper la main du voleur n'est pas lui-même au-dessus de tout soupçon. Et sa propre femme, soeur ou mère, peut être plus adultère dans son comportement de tous les jours, que celle sur laquelle va s'abattre la sanction purificatrice d'une "Fatwa" publique. Décidons donc de couper les mains de tous les voleurs et de lapider toutes, mais alors vraiment toutes les femmes adultères !!! Combien en seraient épargnées ? Here might be the more "deepenable question" !

L'esprit d'un "Droit Public" codifié et formalisé à partir d'une interprétation très assouplie des "Dix Commandements" du Deutéronome , ne cohabite pas toujours sans de très gros heurts avec celui d'une "Jihad"qui transforme mécaniquement en "martyr", chacun de ses adeptes qui meurt ou tue à la "Bande de Gaza" au nom de sa foi. Devant les tribunaux français d'après notre petite expérience personnelle d'ailleurs, les dispositions du Code de Procédure Civile ou même celles du Code Pénal s'assoient toujours systématiquement sur celles de la "Châ'ria", en réléguant aux calendes grecques le contenu des impératifs de "Hadiths". Nous informons le lecteur ab imo pectore, et ne demanderions que très peu de son avis personnel (6).

Entre autres donc : comment fonctionnerait un système bancaire qui s'interdit dès le départ même, tout recours au "taux d'intérêt" (7)? La banque n'est pas un organisme de bienfaisance. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale en France, ce sont seuls l'Abbé Pierre et les Emmaüs sur l'Orangeraie, qui distribuent tout, et n'attendent rien de personne. Qui d'autre ? Pas grand monde dans la réalité ! Ajoutons l'Association Saint Vincent De Paul. Ne nous interdisons aucune possibilité où il faudrait être concret, car ce serait un très grave tort : partout où il y a la banque et le consommateur du crédit sa face inverse de jure, nous expérimenterons toujours une messe tridentine où le banquier (car c'est de lui qu'il s'agit), et nous l'avons dit avec force dans l'Amphithéâtre, "fait honnêtement les affaires avec l'argent des autres". Max Weber, dans : "Die Protestantische Ethyk Und Den Geist Des Kapitalismus"(1905) , ne soutiendrait absolument pas du tout autre chose.

Qu'on nous préserve ici des "Morales Utilitaristes" purement relatives. Dans le monde de la Finance, même M. Paul Volker le confirmerait à qui le voudrait : le taux d'intérêt est un quotient approprié destiné à la rétribution d'une "cession". S'il cessait de s'appliquer sous le couvert de n'importe quel subterfuge, c'est l'existence de la Haute Banque elle-même qui serait directement remise en cause : comment fonctionnerait toute vie économique tout court, d'une nation donnée ? Il y a des réponses que la question posée appelle, sans qu'il y ait pour autant ce que nous appellerions volontiers le consensus omnium col canto. En tout état de cause , serons-nous peut-être comme dans les Pays Africains de la Zone Franc (PAZF) où, en un seul jour, une simple décision politique prescrirait la "dévaluation" de 16 visages exogènes de monnaies, dont aucun, nous disons bien "aucun" de ces visages après examen, ne pondère sur aucun marché local au-dessus duquel pourtant, la soi-disante unité de compte va être commise pour assurer ce qu'on appelle vulgairement la "régulation" ? Attention aux inventeurs de nouvelles fantasmagories. Le Philosophe danois Sören Kierkegaard ne le refuserait pas, car le baiser de ces "nouveaux", peut être pire que celui de Juda !

Quant à la banque islamique capable d'acquérir le bien immobilier convoité par son client à titre gracieux et tout ceci, dans le seul but de combattre prioritairement toute spéculation capable se survenir, il faut reconnaître qu'ici encore une fois, nous tombons de très haut, sans aucune possibilité de se relever. Le paysage où s'achemineraient les "capitaux islamiques" est même très mal choisi car en France, la création monétaire ex-nihilo investit prioritairement le domaine hautement lucratif de la pierre : qui ne voit chaque jour, tous ces enfants de Don Quichotte que ce croisement dangereux, des Champs Elysées, Place Bellecour à Lyon à la Place du Capitole à Toulouse, laisse constamment sur le trottoir par les nuits glaciales ? Avec des budgets mensuels souvent inférieurs à 1000 Euros pour ceux que les parents soutiennent encore, combien de nos Etudiants et Etudiantes ne galèrent pas, parfois pire que les enfants de Don Quichotte, pour se loger ? Chacun le voit très bien, n'est-ce pas ? Bon ! En France , l'impensable ostentation du taux d'intérêt à court terme rentabiliserait très bien, même un investissement placé sur le requinquage des chambres de bonne. Sur la pierre, l'investissement est donc rétributeur à tous les coups. Chacun le sait.

Autres preuves ? Eh, bien. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe à Dubaï depuis le 27 Novembre 2009, c'est-à-dire sept jours seulement après le débat qui a réuni Experts , Chercheurs et Etudiants à l'IAE déjà mentionnée, Amphithéâtre C. La livraison de Timmons Heather (8) sur les colonnes du "International Herald Tribune" s'apparente à une donne ajustée pratiquement sur mesure. La maxime selon laquelle "tout développement va, quand la pierre va", n'a pas été démentie.

3-LES PRECEPTES DE LA FINANCE ISLAMIQUE INTROUVABLES A DUBAI :

La capitale aux projets immobiliers "bling bling" comme l'écrivent nos amis de L'Humanité, a annoncé le 27 Novembre 2009, l'impossibilité dans laquelle elle se trouvait désormais, de payer ses dettes avant 2012. Drôle de nouvelle, et pas seulement parce qu'elle fait trembler les principales places boursières internationales (New-York, Hong-Kong, Footie-100 à la "City"(9), Changhaï ou même Pékin, où la capitalisation boursière fait depuis 2005, des pas absolument gigantesques ! La Chine s'est effectivement "éveillée, et le monde tremble"!(Peyrefite). Le GCPMA/CADOFORA a essayé de savoir sur la situation d'insolvabilité des Emirats Arabes Unis auprès de nos Collègues de l'Université de Dubaï. L'éthique pratiquement sacralisatrice de la "Finance Islamique" devrait pourtant préserver les Emirats Arabes Unis des cas de débâcle financière comme ceux-ci.

En face ne s'exposent à l'observation et prioritairement que les pays occidentaux en général, "pays riches" soi-disant, et la France en particulier , pour excessive et voyeuriste manipulation des agrégats monétaires, faux en écriture comptable publique et voire, titillement ostentatoire des leviers de régulation de taux d'intérêt, chiffres de déficits, lissage des montants de sommes aux échéancements de dettes etc, etc. C'est le cas en Belgique par le moyen des OLOS, aux Etats-Unis par les FED FUNDS, en Allemagne par les BUNDS, en France par le moyen des OAT, BTAN et autres BTF. que M. Rénaud De La Genière voulait interdire advitam aerternam, et en Grande Bretagne bien que de façon très souple, par le moyen cette fois-ci de la "KENEYSIAN MONEY". Nous en parlerions de façon détaillée si besoin était. Mais alors : est-il besoin ? Les pays soi-disant "riches" profanent chaque jour à notre avis, les processus de la création monétaire endogène ex-nihile : contre ceux-ci, un Fonds Monétaire International réellement non inféodé sévirait pourtant prioritairement, et même très sévèrement.

A l'observation , les cas de débâcle ne se produisent qu'à Dubaï. La délinquance financière s'arme des fêlonies mot à mot, comparables à celles qu'a dû exhiber un joker américain comme Bernard Madoff si ce n'est pas directement à côté de nous en France, feu Roger-Patrice Pelat. Un témoin diurne comme M. Alain Boubil, ancien "Directeur de Cabinet"de feu Pierre Béregovoy à Bercy, renseignerait avec beaucoup de dextérité. ( Titre : Boubil Alain : Le soulèvement du sérail Amazone, distributeur, Paris, 2006 ).

Le "crédit sans larmes" est un "péché", comme dirait feu Jacques Rueff. Mais alors, diantre !. Imaginerait-on une quelconque "Théodicée" même sans des façades républicaines vulgaires, où le "péché" ne tenterait plus du tout l'être humain ? Non ! A titre personnel, nous sommes incapables d'imaginer une telle "Théocracie", parce qu'en soi, le vice du désir est propre à l'espèce humaine.

L'Etat Islandais concédait il y a peu qu'il était en "faillite". La Roumanie a suivi. L'lrlande gesticule. L'Allemagne ne connaît aucune "croissance économique" saine depuis 2001, année où des coefficients de pondérance fabriqués de toutes pièces ficellent définivement comme des rangées de corde autour des barres de saucisson séché, les soupapes du Deutschmark dans, dit-on, le panier d'une "monnaie unique européenne" : monnaie "unique fiduciaire" ? La fiction est pure ! Et à l'heure où nous parlons, le Fonds Monétaire International à Washington, bien avant Brüxelles, estime qu'Athènes verse déjà très largement dans le "péché", dont les conséquences conduisent irréversiblement le pays engagé , dans les affres de la "faillite"(10).

3. 1-LA BULLE FINANCIERE A DUBAI : MEME LES VOISINS N'ONT RIEN VU VENIR :

"Dubaï World" et sa filière immobilière, seuls, représentent un endettement sur-colossal de près de 60 milliards de dollars américains aux termes d'un échéancement de 2009 (immédiatement exigible s'il vous plaît !) : soit les 2/3 du total de la monstrueuse dette de l'Etat, proche de 150 milliards de dollars (intérêts non compris) , au 30 Juin 2009. Il y a de quoi attraper le vertige ! Aucun des Conseillers de l'Exécutif à Dubaï ne semble avoir lu ni Milton Friedman, Hayek, ni même Joseph-Aloysius Schumpeter.

Récemment à la "London School Of Economics And Political Sciences", Lady Margareth Thatcher s'en prend, avec raison d'ailleurs comme à son habitude, à tous ces charlatans budgétivores qui pour elle, entourent souvent futilement les Exécutifs. La Lady sera tumultueusement applaudie. Les Collègues apprécient son l'éthique de la "Public Choice" : ne préserve -t-elle pas définitivement l'Angleterre de la participation à cette "wide cheating zone" que, dès le départ, n'aurait pas manqué de devenir l' "Union Européenne" ? "I was right" ! Of course. A quoi ont servi les emprunts extérieurs combinés à la création monétaire endogène, où les préceptes de la "Finance Islamique" ne préservent pas non plus la totalité des pays du Golfe, Libye et Monarchie du Bahrein exceptées ? A construire un métro aérien;à multiplier des pistes hippiques et les terrains de Golfe; à élever une "Burjs", tour de 818 mètres de haut, dont l'ambition de départ était de coiffer au poteau, la majestuosité des"twin Towers"de Manhattan dont l'histoire est connue. Les emprunts ont permis de faire éclore des dunes de sable en très peu de temps, des luxueux hôtels avec suites présidentielles dans le style de Georges V à Paris, où même les lavabos et les bacs de W. C. sont en marbre ou en or.

Les "crédits sans larmes" étaient abondants. A certains endroits, ils soutiennent des travaux herculéens : ensevelissement des lacs entiers;remodelage de la forme des îles et grandioses ravalements. Ici triment 24 heures sur 24, des travailleurs pakistanais, indiens, égyptiens, turcs, algériens, sri-lankais. . . Une fois hors des chantiers, ils vivent les uns sur les autres dans des gourbivilles pouilleux de la périphérie d'une prospérité tape-à-l'iris, dont le niveau de confort, comparaison faite, est concrètement très inférieur à celui des "tchûck heat" du port de Douala au Cameroun dans les années 1984. Que celui qui veut savoir ce que c'est qu'un "tchûck heat" au Port de Douala , pose carrément la question. Il n'y a pas de place ici pour des détails écrits. Pas d'éthique sans doxique, insistait souvent le Père Joseph Combès (11). Les Conférenciers ont démontré que la "Finance" et ses substrats sont communs à tous les pays islamiques. Et pourtant les voisins islamiques qui ne voient en rien la bulle financière constituée sur Dubaï, ne préviennent même pas contre l'enlisement vers l'exploitation de l'homme par l'homme, pourtant flagrant. Il serait très difficile de démentir Karl Max : un capitalisme qui n'exploiterait pas une partie de la classe ouvrière est tout simplement inconcevable.

Sur les lacs et îlots ensevelis, on retape essentiellement un immobilier de très grand luxe. On redessine le terrain, parfois sous forme de la branche d'un palmier à huile. Ne logent dans des blocs de verre et de béton qui germent de partout qu'un beau monde détenteur comme on dit, d'un très grand "pouvoir d'achat". Il n'y aura donc pas la moindre trace des travailleurs de chantiers. D'ailleurs, certains de ceux qui triment n'ont même pas de titres de séjour et ainsi, galèrent exactement comme les Maliens Porte de Vincennes à Paris.

En 2007, les hôtes de ces pavillons de luxe où certaines surfaces atteignaient 300 mètrescarrés, ne peuvent plus régler leurs loyers mensuels. Ils fuient massivement les Emirats, en abandonnant à l'aéroport, les parkings et même sur les clairières de coins de rues, des grosses cylindrées. Les personnes disposées à récupérer ces biens abandonnés par des cols blancs en faillite, étaient très libres de le faire.

La "Finance Islamique" et son projet de lutte contre la spéculation immobilière nous semblent donc avoir du pain sur la planche en France, en dehors de tout hoc volo, sic jabeo, sit pro ratione voluntas (12). Les pratiques bancaires qu'ils n'ont pas pu canoniser sur le terrain social à Dubaï, receuilliraient sans doute tout l'écho nécessaire, notamment de la part des Associations qui luttent quotidiennent pour l'insertion des enfants de Don Quichotte : quelle pitié !. . "Les capitaux islamiques seraient-ils aveugles ?", nous sommes nous écriés dans l'Amphithéâtre. Imagineraient-ils seulement le degré de perversion des réseaux de lobbying immobiliers en France, de Paris, Lyon ou sur la Côte D'Azur, où la pierre blanchit des sommes que déballent instantanément , ceux qu'on appelle les "nouveaux riches" ? Au sujet de Dubaï, les "Enquêtes Exclusives" de M. Bernard De la Villardière nous avaient déjà beaucoup appris. A l'heure actuelle, il serait plutôt opportun de répondre à certaines questions. Tourné vers l'objet, le Philosophe allemand Emmanuel Kant, dans : "Kritik der Reinvernunft" s'arme d'une dialectique plutôt tripartite : "Que suis-je ?, Que dois-je savoir, et enfin, Que puis-je espérer ?". Un habile Conférencier dans l'Amphithéâtre en réfère d'ailleurs à la dialectique kantienne pour justement à la "Finance Islamique", essayer de donner un contenu. Naturellement, tout ceci fait émerger des très grosses divergences à la fin. Nous mentionnerons les nôtres comme ci-dessous, et elles ne semblent pas du tout être les moindres :

1°-Qu'est-ce que la "Finance Islamique" ? Nous n'avons pas pu voir ce qu'elle pouvait être, "fondamentalement" parlant;

2°-Sous la mandature actuelle, nous ne savons pas du tout ce que les capitaux islamiques viendraient faire en France, "pays en faillite" : la sur-émission ex-nihilo a grandement le vent en poupe : regardez comment l'épargne immédiatement disponible des "Livrets de Caisse d'Epargne " est vilipendée. Dans aucun pays européen, l'épargne n'est aussi malmenée qu'en France. Les circuits qui accordent plus de considération à la monnaie de création ex-nihile qu'à l'épargne ostensible, n'affermissent aucun investissement. Nous l'avons très bien dit dans l'Amphi, à la grande colère d'un Collègue qui, sur place, se présentait comme adjoint direct de M. Fulchiron, Président de l'Université Lyon 3 (Section Manufacture des Tabacs);

3°-Il n'y a pas davantage grand'chose à espérer de la "Finance Islamique". Les exemples sont devant tout le monde : est-ce que les Emirats voisins de Dubaï tels Abou Dhabi, Oman ou l'Arabie Saoudite sont prêts, ici et maintenant même (parce que les termes de l'échéancement pressent), à débourser en signe de solidarité, au moins 150 millions de dollars américains ? C'est le chiffre qu'on voit, en effet, le prix à payer pour remettre à flot, nous citons Delphine Minoli , un "Emirat bâti sur le sable et l'endettement"(13). Ces voisins sont-ils donc prêts ? Le lecteur a une réponse très claire dans son âme et conscience, comme Edmund Husserl dans un cas comme celui-ci, le conseille si bien à Noli (14).

(*) -NJOH ELOMBO,

Enseignant Vacataire, Université Lyon-3,

Expert Consultant International des Marchés,

Maxwell & Stamp/PLC Abbot's Court (Fl).

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NOTES ET COMMENTAIRES :

(1)-Europa : Angst vor dem Islam : Frankreich diskutiert über ein Burka-Verbot, in : Der Spiegel, 51/2009, page 112.

(2)-Tarik, Ahmad : "The Price Of Being Born Muslim", International Herald Tribune, The American Journal in Europe, December 5-6 2009, page 7.

(3)-Schmidt, Helmut : Zivilisiert den Kapitalismus ! Die Zeit, N° 49, 26. 11. 2009, page 21, qui ajoute ce qui suit : "Marion Dönhoff hat immer den Egoismus der Menschen gekämpft.

Heute haben die Staaten keine Regelungen in Internationalfinanzmärkten". Autrement dit donc, seul l'égoïsme anime l'esprit du capitalisme et les adeptes de marchés financiers internationaux. Le raisonnement de l'ancien Chancelier allemand serait pertinent jusqu'à 60-70% des cas.

-Voici ad litteram, dans la même foulée :

Merkel, Angela : Unsere Banken riskieren eine ziemliche dicke Lippe, in : Die Kanzlerin spricht, Berlin, Deutschland, 20. 11. 2009. Dans les faits, on voit donc que même les dirigeants allemands redoutent la banqueroute de l'Etat à ce Décembre 2009 encore, ce qui est surprenant. Seule l'équipe autour de M. Sarkozy, et les assurances que donne Madame Christine Lagarde concernant l'excellent fonctionnement de la "Zone Franc CFA" tropicale sur les colonnes de Jeune Afrique, ont des sons de cor différents. Pour l'équipe autour de M. Sarkozy, la "crise est derrière nous". Et pour Madame Lagarde, il y a certes crise, mais "la France est le pays qui s'en tire le mieux de tous les voisins européens". Autrement dit au 30 Octobre 2009, la situation financière est plus saine en France qu'en Allemagne !! "Ahoï", comme s'exclamerait feu Frank Rudoph Augstein !!! Alexis De Tocqueville avait certainement raison de croire que le "Français moyen n'a pas la tête à l'économie". Les dépenses

qu'on fait en France, surtout depuis l'arrivée de M. Sarkozy au 55 Rue du Faubourg Saint Honoré, ne sont ni plus ni moins que le répandage des liasses de moltonel sur le corps social.

(4)-Timmons, Heater : "Debt Crisis In Dubai Puts Islamic Bonds To Test", in : Business, International Herald Tribune, The Global Edition Of The New-York Times, December 1, 2009, page 15.

(5)-L'Islam, un problème en Europe :

-Peinado, Fernando; Carrizo, Couto-Rodrigo : "Europa recella de a su cara islàmica la prohibicion de los minaretes en Suiza revela un miedo a lo musulmàn que trasciende ideologias. "

in El Pais, 2. 12. 2009. A propos de la "situation de los musulmanes en Europa", les colonnes du "Pays" mentionnent d'ailleurs que c'est la France qui est la plus exposée aux conséquences d'un Islam idéologique, de tous les pays européens. Ceci confirme l'hypothèse de certains Chercheurs américains selon laquelle la société française se "musulmannise" profondément, et contre laquelle les investigateurs du "Courrier International" se sont vigoureusement élevés. Il y a ici des détails sur lesquels tout furetage n'aurait que du bon.

(6)-Nous avons entendu ce qui suit un jour au cours d'une séance de la Cour d'Appel de Lyon, Rue Saint Jean. C'est un Substitut qui parle à une jeune Musulmane qui semble se plaindre d'une très grande intrusion de ses frères et même de son père, tous cités devant l' audiance, dans sa vie privée :

"Mademoiselle, ici c'est la France. Vous êtes donc libre de sortir et d'aimer celui que vous voulez. La France est un pays de droit. Ce n'est pas au Coran que la société obéit, mais aux règles de droit : celles-ci autorisent une jeune fille comme vous, du moment où elle est majeure, de savourer de sa liberté comme elle l'entend. . "

Et se tournant vers les fratries, le Substitut ajoute :

"Messieurs, je crois que vous m'avez bien compris. En France les filles majeures sont libres. Ceci veut dire qu'il ne faut pas se mêler de leur vie privée. Si vous récidivez , la Cour ne sera plus clémente , et vous fera condamner très sévèrement. "

(7)-A propos de ceci, voir :

-Friedman, Milton; Schwarz-Jackobson, Anna : "A Monetary History Of The United States Of America (1867-1960)", Princeton University Press, 1963. Volumineux et méticuleux travail. Les sous-titres s'attardent sur les réformes bancaires au pays de l'Oncle Sam depuis Février 1921. Savez-vous qu'aux Etats-Unis par exemple, la loi refuse la capacité opérationnelle territoriale, à certaines très grandes banques comme la Old Stone ? Tout est passé au peigne fin : rôle des banques, monnaie et taux d'intérêt. Il est par exemple impensable que le trésor américain gère les réserves de change, comme le trésor français gère depuis des années , les réserves de change des pays africains de la Zone Franc avec la bénédiction du FMI, qu'on ne téléguide vers les "petits pays africains pauvres" que pour prescrire la feuille de route des "Politiques d'Ajustement Structurel"(PAS). Aux USA, un système de trésorerie qui gère les réserves de change inaugurerait tout simplement des monstrueuses confusions de genres. C'est le moment de constater à présent que feu Milton Friedman était non seulement un redoutable polémiqueur, mais encore un travailleur acharné

hors pair. Paix à l'âme du père de l 'Ecole Monétaire de Chicago !

(8)-La livraison est de la même teneur que celle de Timmons, déjà référencée :

-London, Thomas : "Dubaï Debt Crisis Shatters A Facade Of Indivisibility", International Herald Tribune, December 3, 2009, pages 1 et 19.

(9)-Un système de" régulation financière internationale" est-il possible, y compris celui des "marchés financiers" ? C'est ce que propose à la "Zone Euro" M. Tommasso Padoa Schioppa, Gouverneur de la Banque Centrale d'Italie, et successeur depuis quelques années déjà, du redoutable Carlos Azzeglio Ciampi lui-même passé, entre temps, Président de la République. Et pourtant, donnons un peu la parole à M. Marcus Agnus, Président du "Groupe Barclays" à la City. C'est exactement le contre-pied de ce qui est proposé à la "Zone Euro", qu'il prend sur les colonnes du "Wall Street Journal Europe". Jusqu'à la fin des temps, notre

monde restera toujours celui où la "cité est fondamentalement périssable".

(10)-Griechenland : "Gefahr fur den Euro", Der Spiegel 50/2009, page 84. Et d'ajouter : "La monstrueuse dette de la Grèce n'est pas seulement un danger pour ce pays lui-même. Mais c'est aussi un danger pour le futur et la survie de l'Union Monétaire Européenne. " Bien! Il ne faudrait pas non plus mettre tous les torts sur le dos d'Athènes. Ce n'est pas à cause de la Grèce que Mercedes et d'autres firmes allemandes délocalisent la production pour les USA et l'Afrique du Sud. Mais c'est surtout parce qu'avec l'Euro, soi-disant "monnaie unique européenne", les pays de sa zone ne supportent plus la concurrence avec le dollar, celle précisément que le lancement de cette énigme du XXIè siècle se proposait de doper. Au lancement de l'Euro pourtant, ce sont les dirigeants français les premiers, à se précipiter sur Washington demander la signature d'un accord de parité fixe et irréversible avec le dollar. On confondait manifestement les autorités de la Federal Reserve Board avec des loubards incultes à qui, dès les années 1958, feu Maurice Couve De Murville impose la signature des "Accords de la Zone Franc" : en 2009 plus que jamais auparavant, ces accords exsanguent toujours les PAZF. Mais attention : on constate aussi que tout arroseur arroserait aussi très bien non pas toujours les autres, mais bien lui-même !

(11)-Combès, Joseph : "Valeur et liberté", Presses Universitaires de France, Paris, 1978.

(12)-Sur Dubai encore :

-London , Thomas : Confusion As Fear Spreads Over Dubai's Debt : Worry Grows That The Emirates Could Be A Canary In A Mine For Indebted States", International Herald Tribune,

November 28-29, 2009, pages 1 et 14.

(13)-Minoli, Delphine : "Dubaï : la folie des grandeurs d'un Emirat bâti sur le sable et l'endettement", Pages Jaunes du Figaro Littéraire, 29. 11. 2009, page 22.

(14)-C'est feu René Letroquer, ancien Doyen de la Faculté de Philosophie de l'Université Catholique de Lyon, qui cite son collègue Edmund Husserl à partir du monumental "Direktrikische Ideen Für Eine Reine Phenomenologie" : Ecoutons : "Noli, Noli, forà innere. Innere homine

habitas veritas. "

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AMPLIATION :

-Université Jean Moulin Lyon 3;

-Institut d'Administration des Entreprises Rue Rollet;

-M. Fulchiron, Président Université Jean Moulin Lyon 3;

-GCPMA/CADOFORA;

-Archives;

-Divers.

Achevé d'imprimer le 16 Décembre 2009.

-Bibliothèque Ecole Normale Supérieure de Gerland, Lyon.