11 avril 2008
Initiatives diplomatiques du CODE: une délégation du CODE rencontre la Commission Européenne et tire la sonnette d'alarme!
"Combien de morts faudrait-il atteindre pour que la Communauté Internationale comprenne que le pouvoir de Mr Biya est un régime fasciste et infréquentable"?
La délégation du CODE était conduite par le Dr Moise Essoh, Secrétaire Exécutif, qu’accompagnait le Dr Patrice Ndjoumi, membre du Comité de Coordination du CODE.
Au cours d’un entretien d’une heure et demie, les membres de la délégation, ont exposé les préoccupations du CODE concernant la situation politique actuelle au Cameroun.
A
ce sujet, la délégation a rappelé que lors de la dernière rencontre avec la Commission
Européenne en avril 2007, le CODE avait déjà clairement expliqué que l’enjeu de
la mascarade électorale du 22 juillet 2007 n’était rien d’autre que la
préparation par Mr Biya et sa clique, du coup d’état constitutionnel que le Cameroun
est entrain de vivre.
Les deux émissaires du CODE ont ensuite explicité les différentes violations des droits humains, des libertés individuelles et de presse, et surtout des événements graves qui se sont déroulés pendant la révolte de février, tels que le massacre du pont du Wouri. La représentante de la Commission Européenne s’est déclarée choquée par l’ampleur des tueries et par le nombre de morts, qu’elle reconnaît volontiers dépasser les 40 morts officiellement reconnus par le gouvernement camerounais. Les délégués du CODE ont par la suite clairement martelé sur la nécessité de la mise sur pied d’une Commission Internationale d’Enquête sur les massacres des populations civiles avant de demander l’appui de l’union Européenne pour que cette demande soit traduite dans les faits.
A ce sujet, la représentante de la Commission Européenne dit comprendre et soutenir cette demande et a souhaité une implication des ONG locales et des Organisations nationales et internationale de Défense des Droits Humains dans cette démarche, car « il faut que toute la vérité soit sue sur les violences de la fin février au Cameroun », a-elle martelé.
S’agissant de l’application de l’article 96 des accords de Cotonou, qui conditionne la poursuite de la coopération à l’instauration d’un « environnement politique garantissant la paix, la sécurité et la stabilité, le respect des droits de l’Homme, des principes démocratiques et de l’Etat de droit et la bonne gestion des affaires publiques », la délégation du CODE a démontré point par point que l’environnement politique actuel au Cameroun ne garantit ni la paix, ni la stabilité, ni le respect des droits de l’Homme, ni le respect des principes démocratiques, ni la bonne gestion des affaires publiques. Les délégués du CODE ont donc demandé combien de morts faudrait-il atteindre pour que l’UE constate le caractère dictatorial, sanguinaire et anti-démocratique du régime de Yaoundé et applique enfin l’article 96 des accords de Cotonou.
Visiblement embarrassée, la représentante de la Commission Européenne. a répondu qu’il serait très difficile que l’article 96 soit appliqué, mais que « le dialogue avec les autorités camerounaises a été renforcé sur les questions de démocratie et de droits de l’homme, et que ce renforcement indique que l’Union Européenne est réellement préoccupée par la situation politique au Cameroun ». Elle a également indiqué que les récents événements ont fait apparaître un certain visage du régime camerounais, dont l’U.E. tient également compte.
Le CODE a tenu enfin à faire remarquer pour le regretter, une fois encore, que la sonnette d’alarme tirée par divers acteurs politiques camerounais ne soient pas pris au sérieux par les institutions internationales, qui risquent d’être pris au dépourvu par un embrasement de la situation camerounaise, que tous les signes annoncent imminent.
Avant de prendre congé de leur hote, la Délegation du CODE a remis une lettre à l'attention de Mr Barroso, président de la Commission Européenne. Dans cette lettre le CODE demande entre autres "le gel des avoirs des membres du régime camerounais et l'application de l'art 96 des accords de coopération UE-ACP, article qui prévoit des sanctions contre des régimes qui violent les droits humains et qui ne respectent pas les principes démocratiques, comme le gouvernement dictatorial de Paul Biya.
Max
Sandjo
Attaché
de Presse



