09 février 2010
Togo - Election présidentielle du 28 février 2010: Une nouvelle mascarade en perspective!
Communiqué, le 9 février 2010.
Dans la perspective de l’élection présidentielle, les organisations signataires appellent l’Union
européenne et la France à ne pas cautionner une élection qui ne serait pas démocratique et
transparente et à prendre des mesures afin de prévenir toute dérive violente du régime en cas de
contestations.
Depuis la mort, en 2005, du général Eyadéma resté 42 ans au pouvoir, les Togolais sont appelés aux urnes pour la deuxième fois. La précédente élection, en avril 2005, avait intronisé Faure Gnassingbé (fils du précédent), à l’issue d’un coup d’Etat électoral et d’une répression féroce, faisant selon l’ONU entre 400 et 500 morts et environ 40 000 réfugiés.
La signature, en août 2006, sous la pression de la communauté internationale, d’un Accord politique
global (APG) avec les principales formations politiques, avait permis la reprise de la coopération de
l’Union européenne, suspendue depuis 1992 pour “ déficit démocratique ”. Jusqu’ici, aucune des réformes préconisées par l’APG n’a vu le jour. En outre quasiment aucune mesure n’a été prise par le régime pour poursuivre les auteurs des crimes commis en 2005, à part la création en février 2009 d’une Commission vérité, justice et réconciliation qui pour le moment n’a pu travailler ni mener à bien sa mission.
C’est ce même régime qui organise aujourd’hui l’élection présidentielle. Or celui-ci met tout en oeuvre afin que Faure Gnassingbé se maintienne au pouvoir. En effet, les conditions d’organisation du scrutin n’offrent manifestement pas toutes les garanties d’une élection démocratique et transparents avec :
- une Commission électorale (CENI) et une Cour constitutionnelle acquises au régime qui, pour
des motifs fallacieux et sur ordre du régime, a écarté un des principaux concurrents à la
magistrature suprême ;
- un scrutin uninominal majoritaire à un tour, à l'avantage de Faure Gnassingbé qui peut ainsi être
élu sans bénéficier de la majorité des suffrages exprimés1 ;
- une révision des listes électorales bâclée et un fichier électoral fortement contesté ;
- des achats de voix observés.
A cela s’ajoute une dérive autoritaire et sécuritaire du régime à l’approche du scrutin avec :
- une recrudescence des intimidations afin de créer un climat de peur au sein de la population ;
- la nomination du major Kouloum Bilizim à la tête de la milice des Groupes de réflexion et
d’appui au parti RPT (GRAP) alors qu’il est cité dans plusieurs rapports comme instigateur et
présumé auteur de nombreux actes de violences en 20052 ;
- la nomination du Lieutenant-colonel de gendarmerie Yark Damehane à la tête de la Force
Sécurité Election présidentielle 2010 (FOSEP) alors que, selon un témoignage, cet officier “ a
dirigé les séances de torture au cours des interrogatoires [pendant la répression de 2005]3.
L’UE, principal financeur de l’élection dans le cadre d’un “ Projet d’Appui aux Processus Electoraux ”
(PAPE), porte une grande responsabilité dans l’organisation et la supervision de celle-ci mais aussi dans les risques de dérive sécuritaire. En effet c’est également elle qui finance le volet « sécurisation de l’élection », mis en oeuvre par l’Agence Française de Développement (AFD). En formant et en organisant l’équipement de la FOSEP, la France, indéfectible soutien politique et policier de la dictature Eyadéma depuis plus de 40 ans, conforte quant à elle une position pour le moins trouble.
Les organisations signataires appellent donc l’UE :
- à prendre les mesures nécessaires auprès des autorités togolaises afin de garantir une élection
libre, démocratique et transparente, et en cas contraire de suspendre sa coopération ;
- à renforcer les moyens du contingent des 130 observateurs afin d’assurer une observation crédible des 6 000 bureaux de vote ;
- à exiger la révocation du major Kouloum Bilizim et du Lieutenant-colonel Yark Damehane.
En outre, les organisations signataires exigent des autorités françaises:
- qu’elles s’impliquent véritablement dans l’organisation d’une présidentielle démocratique et transparente, et non pas seulement dans sa supervision et sa “ sécurisation ” ;
- qu’elles suspendent toute coopération, bilatérale et multilatérale dans le cadre du PAPE, avecles organes de police et de gendarmerie (notamment la FOSEP) dès lors qu’ils seraient manifestement impliqués dans des violations des droits de l’Homme ;
- qu’elles dénoncent et condamnent toute dérive violente du régime, si tel était le cas.
L’élection présidentielle togolaise constitue une occasion pour les autorités françaises de rompre avec une politique de validation d’élections frauduleuses ou de prise de pouvoir anti-démocratique comme elles l’ont fait durant l’année 2009 avec le coup d’Etat à Madagascar, l’élection d’un putschiste en Mauritanie, l’élection présidentielle truquée au Congo Brazzaville, le coup d’Etat électoral au Gabon ou encore le coup d’Etat constitutionnel au Niger.
Cette année 2010, durant laquelle les autorités françaises entendent achever la rénovation des relations entre la France et l’Afrique, ne peut s’ouvrir sur une nouvelle validation d’un coup d’Etat électoral au Togo.
1 Bien qu’accepté par les forces politiques d’opposition, ce mode de scrutin est contraire aux dispositions de l’accord politique global du 20 août 2006.
2 Rapports de l’ONU, de la FIDH, de la Ligue togolais des droits de l’Homme (LTDH).
3 Rapport de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) présenté au Comité contre la torture des Nations
unies en mai 2005.
Contact presse:
Survie: Stéphanie Dubois de Prisque. Tél : 01 44 61 03 25. stephanieduboisdeprisque@survie.org
Signataires:
Cédétim, Mouvement de la paix, Peuples solidaires, Survie, le Collectif de solidarité avec les luttes
sociales et politiques en Afrique (Assez de coup d'Etat, Afrique en luttes (NPA), Cédétim, Fédération
des Congolais de la Diaspora (FCD), Les Verts, Survie, Union des Populations du Cameroun (UPC)).
23 janvier 2010
Crise sociale à Orange-Cameroun, filiale du groupe France Télécom
LE CODE exige la réintégration du personnel d'Orange-Cameroun licencié ou sanctionné suite à la grève de décembre 2009 (pour lire le communiqué, cliquez sur le lien).
Depuis plusieurs mois, une crise sociale d'abord larvée, puis ouverte, ravage la société Orange-Cameroun, filiale du groupe France Télécom.
Pour éviter de signer une simple convention collective de travail, comme il en existe en Europe dans tous les corps de métiers, les dirigeants d'Orange-Cameroun ont redoublé de manoeuvres. Le Syndicat National de la Communication, la SYNACOM, n'a eu d'autre choix que de lancer un appel à la grève, très largement suivi d'ailleurs. La direction, qui nous le croyons, pensait trouver dans son personnel un troupeau de béni-oui-oui qui ne sont là que pour se faire exploiter comme travailleurs et dépenser leur argent comme consommateur, a été surprise de cette détermination des travailleurs. Au lieu de réagir comme le font les managers en Europe, elle s'est comportée comme d'habitude, c'est à dire en faisant recours à la répression. Elle a ainsi licencié au moins 5 personnes parmi lesquelles les principaux représentants syndicaux, et distribué des sanctions plus ou moins sévères aux autres employés. Cette répression a entraîné une vague de protestation, tant de la part des syndicalistes tant européens qu'africains.
Fidèle à sa détermination de lutter pour le respect de tous les droits fondamentaux dont les droits syndicaux, et déterminé à les défendre chaque fois que le régime dictatorial camerounais ou les sbires de la Françafrique s'y attaqueront, le CODE n'est pas resté en rade et soutien de toute son énergie cette lutte symbolique pour le droit syndical au Cameroun. Si nous laissons faire ces licenciements et s'ils sont maintenus, nulle part ailleurs au Cameroun, d'autres syndicats ne pourront plus faire correctement leur travail de défense des intérêts des travailleurs.
Quelques documents en rapport avec la crise sociale à Orange-Cameroun :
Le communiqué de presse de la CFDT en soutien aux syndicalistes : Communiqu___de_presse_n63_Conflit_Orange_Cameroun_13_01_2010
Soutien du syndicat SUD : Tract_SUD_13_01_2010
Tract pour la grève : Tract_Final02
Quelques notes d'information au personnel :
Note du 14/12/2009 : 14_12_2009_note_d_information
Note du 16/12/2009 : 16_12_2009_note_d_information
Ci-après une liste non exhaustive de quelques Camarades et leur sanction suite à la participation à la grève :
Le camarade Sylvestre TAMO délégué du personnel sort blanchi.
Le camarade Daniel OLINGA Syndiqué prend 05 jours pour participation active à la grève.
Licenciement pour le camarade Corneille KOUNGOU délégué du personnel et président de la section syndicale SYNACOM d'Orange
Avertissement pour Pascal ESSOMBA,
05 jours pour Jocelle TOUKA
08 jours pour Angeline TCHAGUEU, tous et toutes délégué du personnel
08 jours pour Alain NKE, tous et toutes délégué du personnel
Licenciement pour Jack EYANGO Délégue Syndical
Une Camarade travaillant habituellement au Marketing du nom de Vivianne EWONGO a été licenciée sans autre forme de procès.
La Camarade Désirée MPACKO en service au Call Centre qui est aussi délégué du personnel a écopé de cinq jours de mise à pied.
Le Camarade Jea ABA, chauffeur à la direction technique et délégué du personnel a écopé d'un avertissement.
Le Camarade Josué MBOH fils Ingénieur BSS et délégué du personnel a écopé d'un blâme.
Licenciement pour le camarade Corneille Jean Marie LONG délégué du personnel et membre de la commission de négociation de la convention collective
Licenciement pour le camarade Corneille Nathan EKWALLA NTONE délégué du personnel et membre de la commission de négociation de la convention collective
19 janvier 2010
Dr Njoh Elombo décortique le PIB
LE PRODUIT INTERIEUR BRUT : LA FIN D'UN DICTAT ? LE P.I.B.
EN FRANCE EN REALITE INFERIEUR EN CONSISTANCE A CELUI DU NIGER (*):
Le 3 Décembre 2009,une autre Conférence dont le titre apparaît,réunit du monde à l'Institut
d'Administration des Entreprises (IAE) de l'Université Jean Moulin Lyon 3.Nous sommes
cette fois-ci sur l' "Auditorium Malraux".Le petit Amphithéâtre entre deux sols n'est pas
comble,mais une participation essentiellement composée de Chercheurs,Enseignants,Etudiants,
responsables de petites entreprises et de curieux,est substancielle.Un Journaliste qui coordonne
les interventions se concentre sur une intervenante principale,sur un Chef d'Entreprise sur
le podium,puis sur une autre intervenante nettement moins sollicitée.Comme souvent dans un
cas comme celui-ci, l'élasticité du champ de la thématique est pratiquement sans limites.
Chacun des participants ne tire la couverture sur lui ,que de façon forcément "discursive".
Sommaire:
-Le Produit Intérieur Brut dans son contexte historique;
-Le PIB, une notion loin d'être un vide de sens;
-Le Burkina Faso se concentrera sur l'Ecologie après le PIB.
1-LE PRODUIT INTERIEUR BRUT DANS SON CONTEXTE HISTORIQUE :
Pour l'intervenante principale,le Produit National Brut sert à mesurer le niveau de richesses
atteint par une population donnée .Depuis le moyen-âge,les populations ont toujours
essayé de mesurer par des moyens très divers, le niveau de richesses qu'elles avaient
atteint grâce à leur travail.. Dans certains cas,comparer les richesses entre populations
conférait de la puissance aux groupes qui se savaient être les plus nantis.
Toutefois, le PIB comme indicateur de mesure de richesses a toujours alimenté les
polémiques.Le professeur Christian De Boissieu de l'Université de Paris par exemple,
prend part depuis longtemps à ces polémiques.Pour le professeur Jean-Paul Fitoussi,
autre exemple, l' "humanité dispose de nombreux indicateurs de degré de performance
économique.Mais la plupart de ces indicateurs ont été élaborés dans les années 1950,et ne
sont donc plus du tout en phase avec le monde actuel"(1).
Une très grande partie de l'intervention se centre sur le "Rapport Joseph Stiglitz"(2).
Celui-ci a montré que que le PIB est un " indicateur de croissance dépassé." Le
Président Nicolas Sarkozy s'est spontanément invité au débat relatif au PIB. C'est
ainsi qu'il précisera,qu'il y aura "un avant et un après ce "Rapport"(3). Par la suite, M.
Sarkozy a donc fait mettre sur pied une "Commission".Après des mois de réflexion,
vingt-cinq membres qui y avaient été commis,naturellement sous la présidence de M.Stiglitz,
formulent une récommandation.
Celle-ci insiste sur 12 indices à épurer qu'il faudrait encore inventer, si on veut faire du
PIB un indicateur de prospérité réellement fiable. La Commission présidée par le
professeur Joseph Stiglitz (4) ne supprime pas du tout l'indicateur traditionnel du Produit
Intérieur Brut .Mais elle le complète par douze autres indicateurs qu'il faut encore cisailler.
Ceux-ci,entre autres,tiendraient ainsi compte de la notion de "bien être" dans son intégralité,
facteurs de préservation de l'environnement et en général,de tous les indices sur
lesquels se baserait un véritable "développement durable".
L'intervenante a abondé en détails très pertinents.Pour elle avant M.Stiglitz,d'autres
Experts ont remis en cause avec succès la grille du PIB comme indicateur,en formulant
souvent avec précision des facteurs substitutifs . L'écran d'un ordinateur ouvert sur le
babillard de l'Amphithéâtre donne de plus en plus d'éclaircissements à l'auditoire.
Exposé brillantissime : Lux verum sui !...
2-LE PRODUIT INTERIEUR BRUT: NOTION LOIN D'ETRE UN VIDE DE SENS:
La parole est maintenant donnée au second intervenant,afin qu'expérimente pleinement
la salle les dividendes du quot capita,tot sensus.C'est un Président-Directeur-Général qui
employerait 1300 âmes. Il parlera de l'expérience de chef d'entreprise qu'il accumule sur le
terrain. Ni personne, encore lui-même ne se présenterait comme un doctus cum libro, et
la délivrance de son message est très loin d'être ex professo à l'instar de la précédente inter-
venante qui,en l'espace de 25-30 minutes,commente publiquement le contenu d'au moins
une dizaine de livres ingurgités par son intarissable assoifement du savoir, qui vont de
Max Weber à Alexis De Tocqueville, grand admirateur en son temps de la "démocra-
tie en Amérique".
Quidam du Président-Directeur-Général ? Il voyage beaucoup.Il se rend sur le continent
asiatique et là-bas,voit les économies comme celles de la Chine,la Corée du Sud ou l'Inde,
monter en flèche. Il en est plus que persuadé :c'est surtout l'économie de la Chine qui
grimpera le plus rapidement possible sur la marche de tous les gothas .Le Nobel
d'Economie Amartya Sen (5) aurait-il parlé du Sud-Est asiatique avec la même
exubérance ? Doutes !!!
Le Président-Directeur-Général est habitué à côtoyer les salariés .Il sait comment
ceux-ci sont attachés à leur PIB. Il ne serait d'ailleurs pas opposé si certains Experts
tentent de remettre en cause cet indicateur du niveau de richesses.Mais n'en demeure
pas moins vrai,que le Produit Intérieur Brut dans sa formulation actuelle, n'est pas du
tout une notion vide de sens, que n'importe qui balayerait d'un simple revers de la
main du jour au lendemain:alors,ça, non et non ! La protestation émane d'une voix très
basse,ponctuée cependant par un geste de main ferme: rires dans la salle !
Pour preuves, il n'y a qu'à voir les "pays africains". Le Produit Intérieur Brut fait
défaut. Et les gens en Afrique n'ont pas les moyens de s'offrir les biens et le luxe
que s'offrent les gens dans les pays riches. La faiblesse du PIB est donc incontesta-
blement un indicateur de misère . En Afrique beaucoup ne peuvent ni se soigner con-
venablement, ni manger à leur faim. Le Président-Directeur-Général qui ne fait que
des constats, abonde naturellement dans d'autres sens . Mais le volet de son in-
tervention où il esquisse un peu la catégorisation des échelles de PIB entre riches
et pauvres, entre ceux qui se gavent chaque jour comme des oies et le paysage des
vaches squelettiques du sahel, nous fascinera naturellement par sa dextérité.. Après
tout à quoi servirait le PIB comme "indice", si on ne pouvait à partir de lui établir un
classement entre "Grandes Puissances Economiques" et les "petits pays africains
francophones pauvres" comme le Tchad ? Ici,M. Thomas Sotinel du Journal Le Monde
s'étonnait une fois qu'on veuille parler de la "démocratie dans un pays où il n'y a ni routes
goudronnées,ni électricité".
3-LE BURKINA FASO SE SOUCIERA DE L'ECOLOGIE APRES LE PIB :
Ainsi que nous le disions déjà, notre troisième intervenante est nettement moins
sollicitée . Mais d'entrée de jeu, elle transmettra à la salle une sensibilité écologique
apparemment dévorante. Ses propos rebondissent surtout sur les dernières phrases
du précédent intervenant, notamment là où s'élaborait déjà une taximonie distributive
des Produits Intérieurs Bruts dont l'échelle allait de la misère pour les pauvres, et la
félicité pour les riches: bravo ! Voici à peu près comment la jeune femme embarque
l'auditoire en gesticulant abondamment de ses deux mains:
"Aujourd'hui les populations "chez nous "ont plutôt les préoccupations écologiques.
Nos politiques poursuivent et répriment les pétroliers qui polluent les océans.
L'Occident redoute toujours les conséquences proches ou lointaines des émanations
de Tchernobyl. Les populations dans les pays riches se soucient de plus en plus des
conditions écologiques de leur environnement,de la qualité de l'eau et du sable sur les
plages.Des telles préoccupations ne seraient pas du tout celles d'un pays comme le
Burkina Faso par exemple." (...). Ah, bon ? Se demanderait-on ...
Il y a quelques années,un talentueux Enseignant de l'Université de Lyon faisait
préfacer le titre de son livre chez Décitre Quai Saint Antoine à Lyon .Sur les
colonnes de l'ouvrage, on ne voyait que des contradictions : plus une nation se
croyait riche,plus ses populations étaient en réalité incultes.(6).Plus les gens s'en réfé-
raient à la télévision pour toute information, et plus certains ne se souvenaient même
plus ni du nom,ni de l'orthographe de la rue où ils habitent pourtant depuis !
Plus il y avait de l'asphalte un peu partout,et plus les gens civilisés faisaient
maculer les recoins et les jardins publics des épaisses mottes de crottes canines
malodorantes,si certaines dames sur-émancipées et jalouses de leurs libertés,ne
remplaçaient pas carrément l' homme dans leur lit par un gros bouledoque
disponible à souhait.Et ceci tant que le bouledoque en tant que mâle, lui,n'exigerait ja-
mais rien comme un vrai mâle humain et les viols dont il est souvent accusé, même
dans les milieux conjugaux sélects et l' omniprésence d'un PIB déclinable en plusieurs
chiffres. .Regardez comment ces laques diarrhéiques canines maculées un peu par-
tout, révulsent Canadiens et Japonais sur les rues de Paris et Lyon: tous les pays nantis
de PIB qui se déclinent en plusieurs chiffres ne les destinent sans doute pas aux
mêmes fins...
Il ne fait aucun doute dans l'esprit de notre intervenante: dans les "pays riches",les gens ont
de tout.Ils croulent sous le faix de conforts matériels:chacun a autant de voitures qu'il désire;
les lits,postes de télévision, appareils ménagers de divers ordres envahissent un peu partout
les intérieurs et les balcons des appartements .Il y a tellement de voitures en France que les
"primes" sont versées à ceux qui en cassent. Seuls des systèmes où le PIB est suffisamment
consistant rétribueraient des parades publiques telles les jupettes et les balladurettes,
constamment d'ailleurs réactualisées depuis 1995 ,si elles ne l'étaient pas,mais d'une toute
autre manière depuis les années 1976 :à l'époque se déploient alors les fameux "Plans Barre"
que Madame Arlette Laguiller,en meeting devant les "travailleurs",sait si bien disséquer.
Dans les armoires, toute femme possède en moyenne une centaine d'accoutrements, et
autant de paires de chaussures. Les gens ne marchent donc pas" nus",comme dirait M.
Georges Hourdin (7).Les tables sont garnies à tout moment sur la Place des Champs
Elysées à Paris. La cuisine lyonnaise est réputée. Il y a des restaurants et les débits de
boissons dans tous les coins de rues.Sur celles-ci,il y a surtout tellement de voitures, qu'on
ne sait plus où entasser toutes ces carcasses de fer et les blocs d'élastomères qui les
tapissent .... Cependant, comment peut-on rétribuer la destruction d'un vé-
ritable "bien", ressource par définition "rare" selon Johann Gaston Knut Wicksell ? Il y a
certainement un vice quelque part,quand toute émergence vers les sommets propères passe
par la destruction d'un "bien". Que les gens répus ne se soucient plus que de la pureté
de l'air, de la limpidité des eaux de plage où se retirent les vacanciers signifierait donc,dans
ce cas précis-ci,qu'ils sont quelque part, habilement manipulés et abusés.Payer pour la des-
truction d'un "bien" signifie que celui-ci n'en est pas un ,en réalité.
Mais chez les pauvres, les préoccupations sont d'une autre nature.Exiger des environ-
nements préservés de la pollution du CO2 ne saurait être une priorité pour ceux qui ne
disposent déjà pas d'un Produit Intérieur Brut suffisant pour se nourrir eux-mêmes,se
soigner, habiller toutes ces ribambelles de petits kwashiorkors et va nu-pieds que
Mesdames Françoise Jolie et Guilaine Chenu ,de "Envoyé Spécial", vont constamment
nous faire découvrir sur les rues poussiéreuses d'Afrique Noire, de Lusaka en Gambie ,
aux montagnes de poubelles de Naïrobi au Kenya... Les préoccupations des populations
ne sont donc pas du tout les mêmes.Elles sont de visu régies par la coupole d'un Produit
Intérieur Brut omniscient .La "fin du dictat" qu'impulse le PIB sur les comportements. n'est
assurément pas pour demain.
3.1-UN DEBAT OCCULTE A PARTIR DE SES PROPRES FONDEMENTS:
Durant son intervention devant les Experts à la Sorbonne à Paris en parlant du PIB,
M. Sarkozy ne croit sans doute pas faire aussi bien, en mettant en garde contre la "re-
ligion des chiffres".Le Produit National Brut, en somme,est la richesse brute exprimée
en unités monétaires (dollars américains notamment),qu'un Etat produit pendant
son "année comptable". Si on divise ce chiffre brut par le nombre d'habitants,on obtient
alors un autre chiffre plus raffiné celui-là,dit "Produit Intérieur Brut"(PIB). Nous avons
précisé dans la salle que ce PIB est souvent dit "per capita" dans les couloirs de la
"Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED (8)..
Nous sommes dans la religion vanita vanitatum et omnia vanitas des chiffres,et il
ne saurait en être autrement .Prenons un pays comme la France . Le" PIB per capita"
en Juin 2009 est de 43250 dollars americains.C'est le 4è en "Union Européenne" par son
volume chiffré à la suite de celui de l'Irlande (52390 USAD),les Pays Bas (49250 --),
l'Autriche (47310 --), la Belgique (42800 --), l'Allemagne (38250 --), l'Italie (36820 --),la
Grande Bretagne (36250 --),l'Espagne (31250 --(9) ...
.. Et ailleurs en Afrique Noire le Gabon (6052 USAD), la Côte Eburnéenne (816 --),
le Cameroun (800 --), le Sénégal (782 --) ,le Burkina Faso cité dans l'Auditorium (345 --),
le Togo (310 --) et le Niger (200 USAD) . .Notre énumération a une finalité purement
illustrative, pour ancrer sur le concret les chiffres de comparaison discrètement occultés.
Ces chiffres n'ont pas circulé dans l'Amphithéâtre,et le "power point" d'aucun ordinateur
portable ne les projette sur le babillard, même furtivement. L'ostentation publique de ces
chiffres n'était pas du tout sans importance,contrairement à ce que pourrait croire le lecteur.
Quelques participants auraient extériorisé une moue dubitative en s'apercevant qu'entre les
Pays Scandinaves,l'Allemagne et la France,c'est bien l'Hexagone par la compétitivité des
chiffres de son commerce extérieur qui devient donc, logiquement parlant, la meilleure réfé-
rence ! Quel Etudiant aurait compris dans la salle que la compétitivité que Renault tient des
"primes à la casse",génère plus d'efficience que celle que Mercedes et même Wolskwagen
tiennent de la percée d'une technologie raffinée sur les marchés internationaux ? On voit
déjà les moues dubitatives face aux chiffres de PIB ringards ! Le lecteur rira maintenant:mais
c'est la télévision française qui exhibe la proie depuis Novembre 2009. A partir des chiffres
comparés que nous rappelons,on montrait que c'est pratiquement la France désormais,le pays
le plus "riche" de l'Union Européenne : incroyable !
Nous sommes toujours en France. En 2009 ,nous comptons ici 63 millions d'habitants,
où il n'y a que 35% d'actifs réels. Depuis les années 1975,la cohorte des "actifs" ne côtise
plus du tout pour celle des "inactifs",pour justifier le maintien d'un système de sécurité sociale
qui n'avait de sens que dans les années après 1944 directement ,suite aux affres batailles des
Communistes relayées par le pieux Henri Grouès (c'est ça,le vrai nom de l'Abbé Pierre !)
Sur la population totale,il n'y a pas moins de 2,5 millions d'endettés toutes tendances con-
fondues,et pas moins de 6 millions de "précaires" toutees tendances confondues . Autour des
agglomérations comme Paris,Lyon et Marseille seules,le manque de logement (S .D .F. ou S.
D .O. non compris ), logement décent ,décemment logés mais expulsables à tout moment en
raison des formes les plus inimaginables de chantage auxquelles le secteur immobilier recouri-
rait légalement à tout moment ....touche au moins quatre millions de têtes d'après les
Enquêtes de "Luttes Ouvrières" à Paris (10).
Qui affirmerait donc à présent que le chiffre 43250 USAD per capita communiqué
sur les registres du Fonds Monétaire Internation,ne camouffle pas plutôt d'abyssales dis-
parités ? Comme chiffre indicateur du niveau d'enrichissement atteint par tête,on ne voit rien
de rationnel.A l'Institut des Hautes Etudes Commerciales à Paris et même devant les Etudiants
de l'Ecole Nationale d'Administration, le professeur Maurice Allais a eu à présenter ses écrits,
en fustigeant toutes les jactances ostentatoires sus-énumérées(11).Les gros chiffres qu'on voit,
répétons-le donc,ne sont qu'un leurre ou mieux encore,un instrument de propagande dont se
servent les systèmes en faillite pour agglomérer, autour d'eux,des narcissismes plus auto-
destructeurs qu'on ne voudrait bien l'admettre. Le Démographe français Emmanuel Todd a
tout simplement raison.
L'inquiétude autour des"Europe fortresses"(12) et autres "Welche sind die Europasgrenzen"
dont font montre certains Experts comme l'Avocat hambourgeois Manfred Brunner (13),
s'interprèterait ainsi mieux en Janvier 2010,que ce n'était le cas dans les années 1998: l'Europe
va tout simplement devant sa propre destruction (14).Entre la France et l'Allemagne pré-
sentées comme noyau dur justement de la construction de cette mythique, "Union Euro-
péenne" on ne "parle pas du tout franc" comme l'a écrit M. Jean-Pierre Chévènement (15).
Au premier Juillet de chaque année en Hexagone, les "minimas sociaux", RMI , RMA,
salaires de femmes isolées et autres facéties très génératrices de l' "inflation rampante",se
"révalorisent"automatiquement à partir d'un indice-comptable qu'aucun Economiste,de Keynes
à Paul Samuelson (16) ne calculerait, ni simplement n'imaginerait.Ce sont ici les perversions et
les spécificités seules à seules de ce que M. Nicolas Ba-verez appelle en France,le "capitalisme
offshore".Nous l'avons rappelé dans l'Auditorium.Ne sont-ce pas là de toute évidence, autant de
gadgets qui gonflent artificiellement le chiffre du PIB per capita qu'on connaît ?C'est absolument
incontestable....
3.2-LA PROBLEMATIQUE DE L'OSTENTATION DU JEU DE FAUX EN CHIFFRES:
Répétons les choses: tout Produit Intérieur Brut est une sommation / Σ / de la richesse natio-
nale brute / R / exprimée en unités monétaires / U.m/. Mais les saupoudrages farcissent
indûment la création de la valeur .Ceux qui transmettent consciemment ce jeu de faux aux
organismes internationaux qui eux, s'en servent pourtant à des fins de prévisions rationnelles,
ne craignent pas du tout la sanction qui découlerait de ce qui n'est bel et bien comme
sus-titré, que l'ostentation consciente du faux en statistiques et chiffres de la comptabilité
publique.Le déploiment des telles arrogantes espiègleries , impensables de la part de tout
Etat de droit serein ,caresse sans doute dans le sens du poil le réflexe des jactances répues.
Mais les arrogances et autres espiègleries ne se substitueraient absolument pas à ce qui,
dans nos exemples sus-énumérés,devrait en tout état de cause être une croissance de com-
pétitivité soutenue par des chiffres réels et palpables .
Voici deux cas de lectures interprétables .
On verra donc que les statistiques de "combat" ne transforment pas du tout des systèmes
en faillite en "Grandes Puissances Economiques".
Premier cas:
PIB = / Σ / R.i.t.U.m (1);
(i) = Création monétaire artificielle ;
(t) = Année d'introduction de la valeur factice.
Naturellement,ce sont tous ces artifices-ci qui donnent :
PIB = / Σ / R.i.t.U.m (2).
Interprétation:
Le retour à la création de la valeur réellement palpable est possible et s'écrit ainsi qu'il suit :
Σ.R.i.t.U.m
PIB = -------------- = R.U.m (3).
Σ.i..t
Deuxième cas:
PIB = / Σ / R.i.t.U.m. Au regard des critères de Maastricht cependant :
Endettement = 60 % , c'est-à-dire : -60;
Déficits = 03% ,c'est-à-dire : -03;
Inflation = 01% , c'est-à-dire : -01 au-delà de -63,meilleure référence commune:
donc -64; Calculons maintenant la totalité du pourcentage du faux en écriture monétaire
publique consciemment entérinée par Mastricht: (-60 ) + (-3)+ (-64) = - 127 % .
Calculons cette fois-ci la valeur réelle du PIB français partiellement épurée du faux en écriture
monétaire publique: (43250)(-129)/ 100 = -55792,50.
L'objectif de Maastricht était incontestablement de densifier la "compétitivité" par les
"critères de convergence" auxquels ne crurent pas un seul instant le tandem Thatcher-Lawson
en Grande Bretagne : 43250 + (-55792,50) = -11542,50.
Interprétation:
Nous rappelons à ceux qui l'oublieraient tant soit peu,que tout nombre négatif est
inférieur à zéro, quelle que soit sa valeur absolue .Et pour ceux qui s'obstinent toujours
à comparer les chiffres du PIB français à ceux de "petits pays africains pauvres" comme
non seulement notre PDG de tout-à-l'heure,mais aussi M.Michel Platini sur les colonnes
de l'Equipe quand le Sénégal élimine la France sur la route de la Coupe du Monde" de foot-
ball il y a quelques années,les choses devraient donc être claires : le PIB français "réel"
qui apparaît,est donc dans les faits plus faible que même celui du Niger . N'étaient les
ignorances répues et infatuées qu'on connaît,,personne de sensé n'aurait même essayé de
comparer le PIB français à celui du Burkina -Faso.
En 2009 ce pays-ci ne manipule librement aucun "agrégat" économique comme la
France .Ouagadougou, capitale du Burkina Faso (ancienne Haute Volta) croupit encore
sous les tutelles bicéphales et multi-opérantes comme,dans la sous-région, d'autres pays
francophones membres jusqu'à ce jour, de la "Zone Franc" CFA .Le Burkina-Faso
est un grand producteur de l'or mais en 2010 encore, c'est un simple jeu de chiffres et
d'écritures de la Banque de France via le trésor Quai de Bercy,qui en fixe le prix de l'once.
Que peut devenir un producteur de bois,si c'est à l'acheteur qu'il appartient d'ajuster, à sa
guise, le levier de l'unité de compte des transactions ? Une telle unité ne s'ancre même pas
sur le corps social du producteur du bois. Et de là à penser que cet appauvri de visu
agrège quand même ce que Karl Max appelle l' "accumulation" ! Nous avons dit dans la
salle que le GCPMA/CADOFORA détestait ce mépris infatué et complètement déplacé,
dans lequel la plupart des gens en France,en raison des ignorances répues omniprésentes,
tenaient les partenaires de Paris en Afrique Noire Francophone.
1°-La taximonie du PIB ne catégorise économiquement les pays que de manière
artificielle et donc, forcément arbitraire;
2°-De tout calcul du PIB,il faudrait à l'avenir exclure mille et une subtilités de la création
monétaire ex-nihile .Les pays prétendûment riches abusent dans ce domaine-ci. Ils ont
toujours abusé là-dessus, et la France en particulier, depuis l'époque des "Assignats".
Regardez un peu à l'intérieur de la maison "Zone Franc CFA" ,le fonctionnement de la
mystique règle de 2/98 que décortiqueraient mieux que n'importe qui,des valeureux
Experts français comme M. Paul Fabra.
3°-On peut d'ores et déjà espérer qu'il n'y a rien de profond à attendre de la réformulation
des constitutifs de l'indicateur du Produit Intérieur Brut.. Nous ne voyons aucun "pays
riche" qui se désaisirait, ou simplement accepterait une quelconque mise sous tutelle du
recours aux immenses prérogatives que confère à un Etat indépendant , les indicibles
subtilités de la libre création monétaire . Sinon quel Etat donc ? Aucun ! Feu Jacques Rueff
ne s'est donc jamais trompé: "Le destin de l'homme se joue sur la monnaie."
(*) NJOH ELOMBO,
Enseignant Vacataire à l'Université Lyon-3,
Expert Consultant International des Marchés,
Maxwell & Stamp/PLC Abbot's Court (Fl).
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NOTES ET COMMENTAIRES :
(1)-Fitoussi,Jean-Paul: sur les colonnes du " Financial Times", 10 Mars 1998.
(2)-Qu'en est-il du "Rapport Stiglitz" ? Voir:
Schaeffer,Fréderic:"Indice de développement:M.Sarkozy place le "Rapport Stiglitz" au
coeur de la crise économique que traverse la France",in:Les Echos,15 Mars 2009,page
1 et 19.
-Commentaires: Non.La charge de M.Stiglitz,Enseignant à Columbia aux Etats-Unis,est
moins sulfureuse que celle de M.Amartya Sen,Nobel d'Economie en 1998. Dans "Po-
verty And Famines:An Essay On Entitlement And Deprivation",Harvard University Press,
1981,M.Amartya Sen apparaît ici comme l'un des tout premiers Experts à remettre en
cause l'indice du PIB,et veut remplacer cela par l'Indice de Développement Humain. Or
le nom du savant indien n'a même pas une seule fois été prononcé dans l'Auditorium,
quand on sait que même "Transparency International" aujourd'hui ne se passe plus du
tout du couperet de l'I D H.
(3)-Président Sarkozy:" Mettons désormais fin à la religion des chiffres",Université de Pa-
ris (Sorbonne),Grand Amphithéâtre,14 Septembre 2009. Et d'ajouter: "La France se
battra.Toutes les organisations internationales devraient modifier leurs systèmes statis-
tiques pour intégrer les récommandations du "Rapport Stiglitz".
Les choses tombent alors très mal,car c'est la période où le truculent Président bré-
silien visite l'Europe.Pour lui,la pratique du double langage est le comportement qui sierait
le mieux aux dirigeants de pays occidentaux . Ecoutons:
Da Silva,Lula:"Die sog. Europasreichländer reden oftmals viel,und tunen wenig",in "Die
Zeit,19.11.2009,pages 2 et 3.
(4)-Le professeur Joseph Stiglitz a été déclaré Nobel d'Economie en 2001. Les pairs le
classent souvent comme "néo-keynésien",et ont sans doute raison. Les travaux de M.Sti-
glitz se concentrent sur les "comportements individuels" des agents économiques. D'un
"mandant" à un" mandataire" donné,la jouissance de l'information est forcément "asymé-
trique".La contribution de M.Stiglitz rationnalise également la "Théorie des Salaires". Dès
1993,il entre à la Maison Blanche comme Economiste en Chef du Président William
Jefferson Bill Clinton.Jusqu'aujourd'hui,M.Stiglitz est resté au centre d'une polémique
appelée le "Consensus de Washington".
(5)-Amartya Sen, op.,cit. Il confie ce qui suit sur les colonnes du "Financial Times" à l'é-
poque:"Les pauvres du monde entier ne sont pas du tout pauvres.Mais ils ne le sont que
parce qu'ils n'ont pas de porte-parole.Notre qualité de vie ne se mesure pas par notre
richesse (allusion au PIB non ? ndl),mais par les libertés dont nous jouissons."
(6)-Cecconi,Osiris:"Croissance Economique et Sous-Développement Culturel", PUF,
Paris,1982.
(7)-Hourdin, Georges: "La civilisation des loisirs", Librairie Amazone, Paris, 2006.
(8)-CNUCED:"Rethinking The Role Of International Investment", Rapport des Na-
tions Unies depuis les années 2002: ici les Experts avisés précisent clairement que cer-
tains investissements que les "riches"vont opérer tambours battants dans certains pays,
et notamment ceux d'Afrique Noire,ne méritent pas du tout cette appellation.
(9)-Les chiffres sont disponibles sur l'Annuaire du Fonds Monétaire International
consultable au 2è étage de la Bibliothèque de Lyon-2 Rue Chevreul.
(10)-Au besoin,voir:
Laguiller,Arlette:"Ce que nous proposons aux travailleurs français si nous arrivons aux
affaires" ,Brochures éditées pendant la campagne de l'élection présidentielle française,
cuvée 1995. Rue Bossuet à Lyon,"Luttes Ouvrières" fait salle comble . Les brochures
sont exactement les mêmes que celles distribuées à Paris au Palais de la Mutualité.
(11)-Chez le professeur Allais Maurice Félix Charles,unique Nobel d'Economie en
France depuis 1988,pratiquement tout est à prendre. Le GCPMA/CADOFORA a
nommément écrit au Figaro,de ne parler "Economie" sur ses colonnes que si ce que
le Journal veut raconter à ses " lecteurs répus" serait en phase avec ce que dirait
M.Allais. L'homme s'est prononcé sur pratiquement tous les thèmes,y compris sur la
Zone Franc CFA,nous citons,"incompréhensible et absolument scandaleux système
monétaire que la France impose aux jeunes pays africains pour les empêcher avec
un cynisme indescriptible, de se développer".Le professeur Maurice Allais vous fera
rire à mort.Ses critiques sont ciblées ,tranchantes avec des mots pertinents quand il fus-
tige le comportement des Députés au Palais Bourbon, nous citons encore une fois,
"souvent d'une ignorance affligeante." Il paraît que feu Mitterrand ou même Chirac
ont chacun eu à avoir horreur de M.Allais. Ne ratons pas les titres ci-dessous:
Allais,Maurice: Nouveaux combats pour l'Europe (1995-2002),Clément Jugular,Paris,
2002;
__________:Le Tiers-Monde au carrefour,Paris, 1961;
__________ :L'Impôt sur le capital et la réforme monétaire,Montchrétien,Paris,1976;
__________:Erreurs et impasses de la construction européenne,Clément Jugular,2004.
__________:L'abandon de l'utilisation du Franc Français en France : faute politique ma-
jeure,Conférence, Institut des Hautes Etudes Commerciales (HEC), Paris,2002.
Nous commenterons ces écrits-ci opportunément .Ils sont plus pertinents que jamais.
(12)-Monetary Union:" Are France And Other European Leaders Building Any For-
tress In Europe" ? Financial Times,27 Août 1998,page 9.
(13)-Brunner,Manfred:"Welche sind die Europasgrenzen"? Welt-Interview, Hamburg,
9 Août 1998,page 5.
(14)-La question de l'Avocat allemend est claire:imagine-t-on la création d'une "Union
Européenne" dont les frontières s'étendraient infiniment ? Si c'est le cas,elle aura donc
ses méthodes et propres règles pour,face aux autres,se constituer en "forteresse". Mais
une "forteresse" contre les autres,ou alors une "forteresse" auto-destructrice ? Le lecteur
a un début de réponse.Prenons le cas des pays démembrés du bloc soviétique et qui
tous,se précipitent donc dans la "forteresse". En 2009 rien ne protège ni la Lituanie,les
Pays Baltes ni même la Lettonie.Depuis 2005, le PIB de chacun de ces pays-ci
a mécaniquement diminué jusqu'à 25,30%,avec une montée vertigineuse ici et là de la
spéculation immobilière. La capitale Riga est devenue une maison close à ciel ouvert,où
les Irlandais et autres Touristes vont rencontrer les "blondes" disponibles à 100% le
jour comme la nuit dans les cabarets,hôtels sordides,saunas et salons de massages ...
Sur les colonnes de Penthouse,certains pervers Allemands racontent comment,à Riga,
des pulpeuses blondes ,en échange de quelques pièces, lèchent leurs bites à souhait !
La "forteresse" est donc plutôt auto-destructrice.
(15)-Chevènement,Jean-Pierre: "France/Allemagne:parlons franc",Editions Plon, Paris,
1996.
(16)-Le parcours de M.Stiglitz ressemble un peu à celui de M. Paul Samuelson (15
Mai 1915-13.12.2009), Nobel d'Economie en 1970.Ce sont tous les deux,comme
on dit, des "néo-keynésiens". Feu Paul Samuelson, ancien Conseiller du candidat dé-
mocrate américain John Kerry, a écrit deux ouvrages principaux:
-"Foundation Of Economics Analysis" , publié pour la première fois en 1947 ;
-"Introductory Analysis in Economics", publié pour la première fois en 1948.
A plusieurs reprises,la "MIT Press "remet le contenu de ces deux livres-ci sur l'actua-
lité,ce qui alimente chaque fois des débats nourris tant à la Massachusetts Institute Of
Technology qu'a Indiana, ou même à Harvard.Pour un Keynésien classique comme
Alvin Hansen, Conseiller du Président Truman dont Paul Samuelson fut l'un des Etu-
diants assidus,il y a une inévitable corrélation entre "expansion du crédit", champ de
l'investissement et niveau de "disponibilité des ressources" ( nous mettrions volontiers
à la place des Kenéysiens, " disponibilité des synergies"). Paul Samuelson bouscule
un peu le champ de corrélation qui apparaît.Il pense qu'à chaque cycle de l' "expan-
sion du crédit",devrait correspondre un autre cycle équivalent de "croissance écono-
mique"permettant de rembourser l'endettement engagé.L'auteur n'imaginerait donc tout
simplement pas un processus qui,pendant plus de 35 comme depuis les "Plans Barre",
recourt systématiquement à une relance par la création monétaire ex-nihile qui ne gé-
nère jamais de cycle de" croissance": ceci ne veut-il pas dire qu'il y a perte de repaire
de tous les léviers de l' "Analyse Conjoncturelle" ?
------------------------------
AMPLIATION :
-Université Jean Moulin,Lyon-3;
-Institut d'Administration des Entreprises Rue Rollet;
-M.Hughes Fulchiron,Président de l'Université Jean Moulin Lyon-3;
-GCPMA/CADOFORA ;
-CODE ;
-Archives ;
-Divers.
Achevé d'imprimer le 7 Janvier 2010,Bibliothèque Dénis Didérot,Gerland,Lyon.
31 décembre 2009
Le bulletin de vote unique : pour tout savoir
Lors de l'émission "Sans détours" diffusée sur la radio sur internet Cameroon Voice, dans son édition du 20 décembre 2009, un représentant du pouvoir a semblé ne pas comprendre en quoi le bulletin unique était une bonne chose pour les électeurs camerounais. Voici donc un exemple de bulletin unique, celui qui a permis à l'ANC de Mandela d'avoir la majorité.
Le bulletin de vote unique de 1994 en Afrique du Sud : Mod_le_bulletin_vote_l_gisl_Af_Sud : 1 page pour tous les partis politiques (il y en a 19)
A la même période, en 1997, voici un exemple de bulletin par lequel le RDPC "organise" les élections : Mod_le_bulletin_vote_l_gisl_Camer : il y a 1 page par parti. Calculez le coût pour les 25 partis plus ou moins réellement existants au Cameroun, sans compter les 150 autres qui n'existent que pendant les élections pour distribuer des prébendes aux fossoyeurs de "l'opposition".
Mandela, a également été élu par le même type de bulletin. Pourquoi Mandela ?
Pour mettre en contraste d'un côté, un grand homme d'Etat, un homme qui a sacrifié 27 ans de sa vie pour les siens, a été capable de choisir de n'effectuer qu'un seul mandat présidentiel, alors qu'il n'avait, lui, aucun problème de santé !!!
Et de l'autre côté, un petit homme d'appareil, un dictateur, qui a choisi de pourrir la vie de leur peuple depuis 27 ans, et ne veulent pas abandonner un éternel "dernier" mandat de 7 ans !!!
L'un a été élu grâce à un bulletin unique, l'autre est obligé de recourir aux bulletins multiples, pour racheter contre 5000 FCFA, les bulletins des autres candidats. Et comme il a précarisé la population, comme il a rendu le Cameroun Pays Pauvre Très Endetté, certains parmi ce peuple qui a faim, préfèrent prendre les 5000 FCFA pour manger de la viande au moins une fois encore, pusiqu'ils n'en mangent presque plus. "De toutes les façons qu'on vote contre ce dicateur ou pas, le résultat est le même. Alors autant au moins manger ses 5000 FCFA, il nous doit au moins ça" se disent-ils.
Le bulletin unique peut permettre au RDPC (qui utilise les moyens de l'Etat pour ses besoins propres) de faire de grosses économies :-) et à l'Etat d'économiser au moins 30 % du coût total des élections, car l'un des grands postes de dépenses électorales, ce sont les impressions des bulletins de vote.
LE CODE SE PREPARE A « CHANGER LE CAMEROUN A TOUT PRIX ! »
Dans le cadre de son action pour l’avènement d’une démocratie au Cameroun, le CODE a décidé de s’organiser et de mener une vaste campagne d’information, de mobilisation et d’action pour l’avènement d’une démocratie patriotique au Cameroun, intitulée « Changer le Cameroun à tout prix ! », qui a été lancée ce jeudi 17 décembre 2009 à Bruxelles et qui s’étendra au moins tout au long de l’année 2010.
Le détail de cette campagne sera régulièrement fourni sur ce blog et sur le futur site internet du CODE.
Un extrait de la conférence de presse donnée a cet effet sera diffusée dès le mercredi 06 janvier sur le site internet de la télévision sur internet : canal-info.net (http://www.canal-info.net) .
LES THEMES FORTS DE LA CAMPAGNE :
1/ La question électorale :
Il s’agira de mener des actions pour :
- aider le peuple camerounais à faire des prochaines échéances électorales, contre le gré du régime dictatorial, des élections véritablement démocratiques ou, en cas d’échec de cette première voie,
- aider le peuple camerounais à résister avec succès à la mascarade électorale.
2/ Les droits humains et citoyens :
Il s’agira de mener des actions pour :
- contribuer concrètement à casser la spirale de terreur et de violations des droits fondamentaux que le régime fait subir au peuple et principalement aux acteurs de la société civile et politique, et
- rompre le désengagement des populations de la chose politique, désengagement induit par la décrédibilisation de l’opposition visible.
LES PREMIERS TEMPS FORTS DE LA CAMPAGNE :
Le premier temps fort de la campagne « Changer le Cameroun à tout prix » sera, fin février – début mars 2010 à l’occasion de la commémoration des massacres de février 2008, un grand rendez-vous international sur la question des violations des droits humains au Cameroun et de l’impunité des auteurs de ces violations dont M. Biya est le premier responsable.
Le second temps fort de cette campagne sera le lancement de l’opération : « Boomerang », par allusion à l’effet boomerang qui retourne contre l’agresseur l’arme avec laquelle il comptait agresser. Il s’agira, pour le CODE, en comptant sur le soutien de la diaspora patriotique et du peuple camerounais, de mener campagne (actions et projets) à tous les niveaux pour obliger le régime et ses outils anti-démocratiques (ELECAM-ONEL-MINATD), à :
vRemettre automatiquement la carte d’électeur au moment de l’inscription sur la liste électorale
vPublier de manière transparente le fichier électoral bien avant le jour de l’élection
vFaire voter sur un bulletin unique, ce qui diminue de plus de 30 % le coût du processus électoral
vUtiliser une encre indélébile pour marquer les votants
vPrévoir dans chaque bureau de vote, autant d’originaux de procès-verbal de dépouillement que de représentants officiels de tous les candidats, originaux à faire contresigner par tous les autres représentants.
Ces actions seront menées en complément en soutien à d'autres exigences déjà formulées par certaines organisations camerounaises, telles que l'Union des Population du Cameroun (voir les 6 conditions), le groupe des écclésiastes camerounais, le prof. Eyinga, etc.
Des projets allant dans le sens des soutiens à ces conditions seront dévoilés en temps utile.
Un CODE en ordre de marche pour la phase décisive du changement au Cameroun
Jusqu’à la dernière Assemblée générale qui a eu lieu le 11 octobre 2009 dans la région parisienne, les statuts du CODE ne permettaient pas l’adhésion de personnalités indépendantes, mais uniquement celle des organisations (associations de la société civile, partis ou mouvements politiques, etc.).
Conscients cependant de la forte demande d’adhésion de compatriotes non encore engagés au sein d’un mouvement ou d’une association, notamment suite à la série d’actions brillamment menées en juillet 2009 contre l’autocrate d’Etoudi, le CODE a décidé de s’ouvrir aux personnalités et individualités patriotiques, tout en continuant de donner la préférence aux organisations.
Par ailleurs, lors de la même Assemblée générale, le Comité de coordination sortant a été quasiment reconduit dans ses fonctions, et a été renforcé par la création d’un poste de secrétaire aux affaires politiques, auquel a été élu le camarade Franklin NYAMSI.
Le Comité de coordination actuel du CODE :
Moïse ESSOH, Secrétaire exécutif;
Délégué du CODE en Belgique
Guillaume TENE SOP, Secrétaire à la communication,
Délégué du CODE en Allemagne
Patrice NDJOUMI, Secrétaire aux finances
Franklin NYAMSI, Secrétaire aux affaires politiques
Les délégués du CODE :
- Délégué du CODE en France : René EMEH ELONG
- Délégué du CODE au Royaume Uni : Magloire ZINTCHEM
- Délégué du CODE aux USA : Raymond TAGNIDOUNG
L’Assemblée générale du CODE a également insisté sur la nécessité de se démarquer du folklore politique ambiant, de campagnes de communications personnelles fondées sur très peu de contenu réel et de candidatures spontanées à une élection dont les conditions ne sont toujours pas meilleures que celles des mascarades précédentes. Consciente que la surexposition médiatique non suivie d’actes politique concrets contribue à décrédibiliser l’opposition et à éloigner le peuple camerounais et sa diaspora de la chose politique, l’Assemblée générale du CODE a donné comme directive au Comité de coordination de poser des actes concrets et d’obtenir des résultats tangibles, afin de redonner au peuple camerounais et à la diaspora camerounaise un réel espoir de changement véritable.
Une brève présentation du CODE
Le Collectif des organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise, en abrégé CODE, est officiellement né le 08 décembre 2003 à Bruxelles, à l’initiative de jeunes progressistes Camerounais et avec comme membres fondateurs des organisations progressistes camerounaises. Il répondait ainsi à la volonté des membres fondateurs de fédérer toutes les forces patriotiques de la diaspora camerounaise et de contribuer plus efficacement à la lutte du peuple camerounais pour l'instauration d'une véritable démocratie au Cameroun et pour l’amélioration de ses conditions de vie. Le CODE est une organisation de droit belge, une association sans but lucratif, enregistrée au Moniteur belge depuis le 31 mai 2007.
Depuis décembre 2003, le CODE a déployé une campagne d’information, préférentiellement dans et vers l’Union Européenne, et de mobilisation de la diaspora camerounaise dans ce combat qui est le leur. Le CODE a ainsi rencontré plusieurs fois les autorités européennes.
Le CODE a également organisé plusieurs manifestations, rencontres, séances d’information, et débats en rapport avec la situation des droits humains au Cameroun, en soutien à des personnalités ou des groupes locaux qui œuvrent pour le respect des droits de l’homme et de la démocratie.
Lors des émeutes de février 2008 au cours desquelles plus de 200 personnes ont trouvé la mort en 3 jours, le CODE a été nommément ciblé par le régime de M. Biya. En effet, sur les antennes de Radio France Internationale, un dignitaire du régime, membre du Bureau politique de l’ex-parti unique toujours au pouvoir, avait accusé nommément le CODE d’être à l’origine de ces émeutes, ce qui fut démenti par le secrétaire exécutif du CODE sur les mêmes antennes. C’est dans ce contexte que, alors même que la situation était redevenue calme, M. Jacques Tiwa, expert-comptable directeur d’un cabinet de comptabilité et membre du Conseil National de la Résistance (organisation fondatrice et membre du CODE), a été abattu à bout portant et en pleine rue, le 28 février par des hommes en tenue, alors qu’il sortait de chez lui pour effectuer une course. Aucune enquête n’a jusqu’à présent été diligentée pour éclairer les circonstances de cet assassinat.
Lors de la visite de M. Paul Biya en France en juillet 2009, alors que les services de presse respectifs n’avaient pas annoncés ces questions à l’agenda, le CODE a réussi à mettre les questions des droits de l’homme et de la démocratie à l’agenda de la rencontre entre le président français Nicolas Sarkozy et son hôte camerounais. Le président français a ainsi appelé officiellement son hôte à faire plus « d’efforts » pour la démocratie et les droits de l’homme.
Le CODE continue de lutter pour le respect des droits humains, l’avènement d’une véritable démocratie au Cameroun et l’élévation du niveau de vie social, économique et politique des Camerounais.
L'OPPORTUNITE DE LA FINANCE ISLAMIQUE EN FRANCE (*)
Dans une perspective à proprement parler au-delà de la réalité, six Conférenciers ont présenté la thématique qu'on voit, le 20 Novembre 2009. Nous sommes alors à l'Institut d'Administration des Entreprises (IAE) de l'Université Jean Moulin Lyon 3, Amphithéâtre C. La salle est bondée. Mais les intervenants monopolisent la parole. Avant la fin d'un débat programmé pour deux heures d'horloge, l'Amphithéâtre se vide conséquemment de sa moitié. Nous avons rappelé aux intervenants les impératifs de la Pédagogie en "milieu adulte" d'après feu Maurice-René Simonnet, Professeur de Sciences Politiques au 15 Quai Claude Bernard, dans les années 1986. En ce temps-là il faut donc le rappeler, Lyon 3 organisait déjà en collaboration avec l'Ecole Supérieur de Commerce d'Ecully, les "Séminaires de la DECTA. " Nous étions rarement plus de dix participants dans l'Amphithéâtre , pour faire ce qui n'est actuellement à n l'IAE, que du bis repetita placent.
Voici notre sommaire :
*Approche thématique globale;
*Polémiques autour de la thématique;
*Déroute flagrante des hypothèses d'une thématique.
1-LA FINANCE ISLAMIQUE : MODELE SACRALISE TOUS AZIMUTS :
Voici un survol possible de l'ensemble de la thématique : l'Islam répand à travers l'humanité depuis des siècles, le message sacré du Prophète. Ce message mal connu, en est pourtant un de piété et d'amour(1). En toutes circonstances il veut inciter le croyant à ne nourrir vis-à-vis de son vis-à-vis(justement) que bienveillance, sollicitude et fraternité dans tous les domaines du quotidien(2). La "Finance Islamique" s'inspire ainsi de ce qui ne constituerait qu'une quasi-viatique, où le marquage du cujus regio, ejus religio, est omniprésent sur toute la ligne. Elle passe sur le corps social un type de rapport entre l'homme, la banque et la finance qui ne veut en rien ressembler au modèle vorace de la finance en cours en Occident en général, récemment d'ailleurs décrié par M. Helmut Schmidt(3). La "Finance Islamique" se veut sobre comme un Musulman pieux, et sacraliserait pratiquement certains interdits , les "islamic bonds"(4( ?). Nous n'en citerions in fine que trois à présent, pour rester en phase avec des impératifs de notre propre méthodologie.
-Exploitation de l'homme par l'homme;
-Recours au "taux d'intérêt" tout court dans les procédures de cession du capital, que le taux en question soit "usuraire" ou qu'il ne le soit pas; -Spéculation immobilière tant en amont qu'en aval , s'agissant du client de la banque islamique qui sollicite un prêt destiné à l'acquisition d'un bien immobilier. . Trois exemples d'interdictions sacralisées, pas plus : la matière interprétable court dans tous les sens, et aurait pu retenir les participants pendant plusieurs jours, voire des semaines. Le shéma que nous avons retenu rappelons-le, est expressément "discursif".
2-CONFRONTATION D'UN MODELE SACRALISE A LA THEORIE :
A la place de "Finance Islamique", il n'en est rien en réalité. Sur le plan concret, la "Finance Islamique" n'est ni plus ni moins que la "Finance" tout court, avec ses exigences de haut en bas. Mais l'espace des règles de la finance universelle ici et là, est plutôt phagocyté par des interdits du Coran, qui ressemblent dans certaines de leurs fébriles ostentations, aux "Fatwa". Les toutes premières moutures du "Code d'Ammourabi" font référence aux genres d'interdits qui apparaîssent : comment ces genres s'appliqueraient-ils sur l'espace judéo-chrétien européen selon Peinado (5) ? L'interdit islamique fait couper la main de celui qui vole ou usurpe le bien du tiers; il fait lapider en public et sans aucune pudeur, la femme adultère, etc, etc.
L'Anthropologie l'a démontré : toutes les sociétés parce qu'humaines, ne sauraient pourtant fonctionner à partir des codes résolument différents (Lévy Strauss, Algirdas Julien Greimas, François Luchaire, Kotto Essomé, Roger Bastide. ). Souvent celui qui veut couper la main du voleur n'est pas lui-même au-dessus de tout soupçon. Et sa propre femme, soeur ou mère, peut être plus adultère dans son comportement de tous les jours, que celle sur laquelle va s'abattre la sanction purificatrice d'une "Fatwa" publique. Décidons donc de couper les mains de tous les voleurs et de lapider toutes, mais alors vraiment toutes les femmes adultères !!! Combien en seraient épargnées ? Here might be the more "deepenable question" !
L'esprit d'un "Droit Public" codifié et formalisé à partir d'une interprétation très assouplie des "Dix Commandements" du Deutéronome , ne cohabite pas toujours sans de très gros heurts avec celui d'une "Jihad"qui transforme mécaniquement en "martyr", chacun de ses adeptes qui meurt ou tue à la "Bande de Gaza" au nom de sa foi. Devant les tribunaux français d'après notre petite expérience personnelle d'ailleurs, les dispositions du Code de Procédure Civile ou même celles du Code Pénal s'assoient toujours systématiquement sur celles de la "Châ'ria", en réléguant aux calendes grecques le contenu des impératifs de "Hadiths". Nous informons le lecteur ab imo pectore, et ne demanderions que très peu de son avis personnel (6).
Entre autres donc : comment fonctionnerait un système bancaire qui s'interdit dès le départ même, tout recours au "taux d'intérêt" (7)? La banque n'est pas un organisme de bienfaisance. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale en France, ce sont seuls l'Abbé Pierre et les Emmaüs sur l'Orangeraie, qui distribuent tout, et n'attendent rien de personne. Qui d'autre ? Pas grand monde dans la réalité ! Ajoutons l'Association Saint Vincent De Paul. Ne nous interdisons aucune possibilité où il faudrait être concret, car ce serait un très grave tort : partout où il y a la banque et le consommateur du crédit sa face inverse de jure, nous expérimenterons toujours une messe tridentine où le banquier (car c'est de lui qu'il s'agit), et nous l'avons dit avec force dans l'Amphithéâtre, "fait honnêtement les affaires avec l'argent des autres". Max Weber, dans : "Die Protestantische Ethyk Und Den Geist Des Kapitalismus"(1905) , ne soutiendrait absolument pas du tout autre chose.
Qu'on nous préserve ici des "Morales Utilitaristes" purement relatives. Dans le monde de la Finance, même M. Paul Volker le confirmerait à qui le voudrait : le taux d'intérêt est un quotient approprié destiné à la rétribution d'une "cession". S'il cessait de s'appliquer sous le couvert de n'importe quel subterfuge, c'est l'existence de la Haute Banque elle-même qui serait directement remise en cause : comment fonctionnerait toute vie économique tout court, d'une nation donnée ? Il y a des réponses que la question posée appelle, sans qu'il y ait pour autant ce que nous appellerions volontiers le consensus omnium col canto. En tout état de cause , serons-nous peut-être comme dans les Pays Africains de la Zone Franc (PAZF) où, en un seul jour, une simple décision politique prescrirait la "dévaluation" de 16 visages exogènes de monnaies, dont aucun, nous disons bien "aucun" de ces visages après examen, ne pondère sur aucun marché local au-dessus duquel pourtant, la soi-disante unité de compte va être commise pour assurer ce qu'on appelle vulgairement la "régulation" ? Attention aux inventeurs de nouvelles fantasmagories. Le Philosophe danois Sören Kierkegaard ne le refuserait pas, car le baiser de ces "nouveaux", peut être pire que celui de Juda !
Quant à la banque islamique capable d'acquérir le bien immobilier convoité par son client à titre gracieux et tout ceci, dans le seul but de combattre prioritairement toute spéculation capable se survenir, il faut reconnaître qu'ici encore une fois, nous tombons de très haut, sans aucune possibilité de se relever. Le paysage où s'achemineraient les "capitaux islamiques" est même très mal choisi car en France, la création monétaire ex-nihilo investit prioritairement le domaine hautement lucratif de la pierre : qui ne voit chaque jour, tous ces enfants de Don Quichotte que ce croisement dangereux, des Champs Elysées, Place Bellecour à Lyon à la Place du Capitole à Toulouse, laisse constamment sur le trottoir par les nuits glaciales ? Avec des budgets mensuels souvent inférieurs à 1000 Euros pour ceux que les parents soutiennent encore, combien de nos Etudiants et Etudiantes ne galèrent pas, parfois pire que les enfants de Don Quichotte, pour se loger ? Chacun le voit très bien, n'est-ce pas ? Bon ! En France , l'impensable ostentation du taux d'intérêt à court terme rentabiliserait très bien, même un investissement placé sur le requinquage des chambres de bonne. Sur la pierre, l'investissement est donc rétributeur à tous les coups. Chacun le sait.
Autres preuves ? Eh, bien. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe à Dubaï depuis le 27 Novembre 2009, c'est-à-dire sept jours seulement après le débat qui a réuni Experts , Chercheurs et Etudiants à l'IAE déjà mentionnée, Amphithéâtre C. La livraison de Timmons Heather (8) sur les colonnes du "International Herald Tribune" s'apparente à une donne ajustée pratiquement sur mesure. La maxime selon laquelle "tout développement va, quand la pierre va", n'a pas été démentie.
3-LES PRECEPTES DE LA FINANCE ISLAMIQUE INTROUVABLES A DUBAI :
La capitale aux projets immobiliers "bling bling" comme l'écrivent nos amis de L'Humanité, a annoncé le 27 Novembre 2009, l'impossibilité dans laquelle elle se trouvait désormais, de payer ses dettes avant 2012. Drôle de nouvelle, et pas seulement parce qu'elle fait trembler les principales places boursières internationales (New-York, Hong-Kong, Footie-100 à la "City"(9), Changhaï ou même Pékin, où la capitalisation boursière fait depuis 2005, des pas absolument gigantesques ! La Chine s'est effectivement "éveillée, et le monde tremble"!(Peyrefite). Le GCPMA/CADOFORA a essayé de savoir sur la situation d'insolvabilité des Emirats Arabes Unis auprès de nos Collègues de l'Université de Dubaï. L'éthique pratiquement sacralisatrice de la "Finance Islamique" devrait pourtant préserver les Emirats Arabes Unis des cas de débâcle financière comme ceux-ci.
En face ne s'exposent à l'observation et prioritairement que les pays occidentaux en général, "pays riches" soi-disant, et la France en particulier , pour excessive et voyeuriste manipulation des agrégats monétaires, faux en écriture comptable publique et voire, titillement ostentatoire des leviers de régulation de taux d'intérêt, chiffres de déficits, lissage des montants de sommes aux échéancements de dettes etc, etc. C'est le cas en Belgique par le moyen des OLOS, aux Etats-Unis par les FED FUNDS, en Allemagne par les BUNDS, en France par le moyen des OAT, BTAN et autres BTF. que M. Rénaud De La Genière voulait interdire advitam aerternam, et en Grande Bretagne bien que de façon très souple, par le moyen cette fois-ci de la "KENEYSIAN MONEY". Nous en parlerions de façon détaillée si besoin était. Mais alors : est-il besoin ? Les pays soi-disant "riches" profanent chaque jour à notre avis, les processus de la création monétaire endogène ex-nihile : contre ceux-ci, un Fonds Monétaire International réellement non inféodé sévirait pourtant prioritairement, et même très sévèrement.
A l'observation , les cas de débâcle ne se produisent qu'à Dubaï. La délinquance financière s'arme des fêlonies mot à mot, comparables à celles qu'a dû exhiber un joker américain comme Bernard Madoff si ce n'est pas directement à côté de nous en France, feu Roger-Patrice Pelat. Un témoin diurne comme M. Alain Boubil, ancien "Directeur de Cabinet"de feu Pierre Béregovoy à Bercy, renseignerait avec beaucoup de dextérité. ( Titre : Boubil Alain : Le soulèvement du sérail Amazone, distributeur, Paris, 2006 ).
Le "crédit sans larmes" est un "péché", comme dirait feu Jacques Rueff. Mais alors, diantre !. Imaginerait-on une quelconque "Théodicée" même sans des façades républicaines vulgaires, où le "péché" ne tenterait plus du tout l'être humain ? Non ! A titre personnel, nous sommes incapables d'imaginer une telle "Théocracie", parce qu'en soi, le vice du désir est propre à l'espèce humaine.
L'Etat Islandais concédait il y a peu qu'il était en "faillite". La Roumanie a suivi. L'lrlande gesticule. L'Allemagne ne connaît aucune "croissance économique" saine depuis 2001, année où des coefficients de pondérance fabriqués de toutes pièces ficellent définivement comme des rangées de corde autour des barres de saucisson séché, les soupapes du Deutschmark dans, dit-on, le panier d'une "monnaie unique européenne" : monnaie "unique fiduciaire" ? La fiction est pure ! Et à l'heure où nous parlons, le Fonds Monétaire International à Washington, bien avant Brüxelles, estime qu'Athènes verse déjà très largement dans le "péché", dont les conséquences conduisent irréversiblement le pays engagé , dans les affres de la "faillite"(10).
3. 1-LA BULLE FINANCIERE A DUBAI : MEME LES VOISINS N'ONT RIEN VU VENIR :
"Dubaï World" et sa filière immobilière, seuls, représentent un endettement sur-colossal de près de 60 milliards de dollars américains aux termes d'un échéancement de 2009 (immédiatement exigible s'il vous plaît !) : soit les 2/3 du total de la monstrueuse dette de l'Etat, proche de 150 milliards de dollars (intérêts non compris) , au 30 Juin 2009. Il y a de quoi attraper le vertige ! Aucun des Conseillers de l'Exécutif à Dubaï ne semble avoir lu ni Milton Friedman, Hayek, ni même Joseph-Aloysius Schumpeter.
Récemment à la "London School Of Economics And Political Sciences", Lady Margareth Thatcher s'en prend, avec raison d'ailleurs comme à son habitude, à tous ces charlatans budgétivores qui pour elle, entourent souvent futilement les Exécutifs. La Lady sera tumultueusement applaudie. Les Collègues apprécient son l'éthique de la "Public Choice" : ne préserve -t-elle pas définitivement l'Angleterre de la participation à cette "wide cheating zone" que, dès le départ, n'aurait pas manqué de devenir l' "Union Européenne" ? "I was right" ! Of course. A quoi ont servi les emprunts extérieurs combinés à la création monétaire endogène, où les préceptes de la "Finance Islamique" ne préservent pas non plus la totalité des pays du Golfe, Libye et Monarchie du Bahrein exceptées ? A construire un métro aérien;à multiplier des pistes hippiques et les terrains de Golfe; à élever une "Burjs", tour de 818 mètres de haut, dont l'ambition de départ était de coiffer au poteau, la majestuosité des"twin Towers"de Manhattan dont l'histoire est connue. Les emprunts ont permis de faire éclore des dunes de sable en très peu de temps, des luxueux hôtels avec suites présidentielles dans le style de Georges V à Paris, où même les lavabos et les bacs de W. C. sont en marbre ou en or.
Les "crédits sans larmes" étaient abondants. A certains endroits, ils soutiennent des travaux herculéens : ensevelissement des lacs entiers;remodelage de la forme des îles et grandioses ravalements. Ici triment 24 heures sur 24, des travailleurs pakistanais, indiens, égyptiens, turcs, algériens, sri-lankais. . . Une fois hors des chantiers, ils vivent les uns sur les autres dans des gourbivilles pouilleux de la périphérie d'une prospérité tape-à-l'iris, dont le niveau de confort, comparaison faite, est concrètement très inférieur à celui des "tchûck heat" du port de Douala au Cameroun dans les années 1984. Que celui qui veut savoir ce que c'est qu'un "tchûck heat" au Port de Douala , pose carrément la question. Il n'y a pas de place ici pour des détails écrits. Pas d'éthique sans doxique, insistait souvent le Père Joseph Combès (11). Les Conférenciers ont démontré que la "Finance" et ses substrats sont communs à tous les pays islamiques. Et pourtant les voisins islamiques qui ne voient en rien la bulle financière constituée sur Dubaï, ne préviennent même pas contre l'enlisement vers l'exploitation de l'homme par l'homme, pourtant flagrant. Il serait très difficile de démentir Karl Max : un capitalisme qui n'exploiterait pas une partie de la classe ouvrière est tout simplement inconcevable.
Sur les lacs et îlots ensevelis, on retape essentiellement un immobilier de très grand luxe. On redessine le terrain, parfois sous forme de la branche d'un palmier à huile. Ne logent dans des blocs de verre et de béton qui germent de partout qu'un beau monde détenteur comme on dit, d'un très grand "pouvoir d'achat". Il n'y aura donc pas la moindre trace des travailleurs de chantiers. D'ailleurs, certains de ceux qui triment n'ont même pas de titres de séjour et ainsi, galèrent exactement comme les Maliens Porte de Vincennes à Paris.
En 2007, les hôtes de ces pavillons de luxe où certaines surfaces atteignaient 300 mètrescarrés, ne peuvent plus régler leurs loyers mensuels. Ils fuient massivement les Emirats, en abandonnant à l'aéroport, les parkings et même sur les clairières de coins de rues, des grosses cylindrées. Les personnes disposées à récupérer ces biens abandonnés par des cols blancs en faillite, étaient très libres de le faire.
La "Finance Islamique" et son projet de lutte contre la spéculation immobilière nous semblent donc avoir du pain sur la planche en France, en dehors de tout hoc volo, sic jabeo, sit pro ratione voluntas (12). Les pratiques bancaires qu'ils n'ont pas pu canoniser sur le terrain social à Dubaï, receuilliraient sans doute tout l'écho nécessaire, notamment de la part des Associations qui luttent quotidiennent pour l'insertion des enfants de Don Quichotte : quelle pitié !. . "Les capitaux islamiques seraient-ils aveugles ?", nous sommes nous écriés dans l'Amphithéâtre. Imagineraient-ils seulement le degré de perversion des réseaux de lobbying immobiliers en France, de Paris, Lyon ou sur la Côte D'Azur, où la pierre blanchit des sommes que déballent instantanément , ceux qu'on appelle les "nouveaux riches" ? Au sujet de Dubaï, les "Enquêtes Exclusives" de M. Bernard De la Villardière nous avaient déjà beaucoup appris. A l'heure actuelle, il serait plutôt opportun de répondre à certaines questions. Tourné vers l'objet, le Philosophe allemand Emmanuel Kant, dans : "Kritik der Reinvernunft" s'arme d'une dialectique plutôt tripartite : "Que suis-je ?, Que dois-je savoir, et enfin, Que puis-je espérer ?". Un habile Conférencier dans l'Amphithéâtre en réfère d'ailleurs à la dialectique kantienne pour justement à la "Finance Islamique", essayer de donner un contenu. Naturellement, tout ceci fait émerger des très grosses divergences à la fin. Nous mentionnerons les nôtres comme ci-dessous, et elles ne semblent pas du tout être les moindres :
1°-Qu'est-ce que la "Finance Islamique" ? Nous n'avons pas pu voir ce qu'elle pouvait être, "fondamentalement" parlant;
2°-Sous la mandature actuelle, nous ne savons pas du tout ce que les capitaux islamiques viendraient faire en France, "pays en faillite" : la sur-émission ex-nihilo a grandement le vent en poupe : regardez comment l'épargne immédiatement disponible des "Livrets de Caisse d'Epargne " est vilipendée. Dans aucun pays européen, l'épargne n'est aussi malmenée qu'en France. Les circuits qui accordent plus de considération à la monnaie de création ex-nihile qu'à l'épargne ostensible, n'affermissent aucun investissement. Nous l'avons très bien dit dans l'Amphi, à la grande colère d'un Collègue qui, sur place, se présentait comme adjoint direct de M. Fulchiron, Président de l'Université Lyon 3 (Section Manufacture des Tabacs);
3°-Il n'y a pas davantage grand'chose à espérer de la "Finance Islamique". Les exemples sont devant tout le monde : est-ce que les Emirats voisins de Dubaï tels Abou Dhabi, Oman ou l'Arabie Saoudite sont prêts, ici et maintenant même (parce que les termes de l'échéancement pressent), à débourser en signe de solidarité, au moins 150 millions de dollars américains ? C'est le chiffre qu'on voit, en effet, le prix à payer pour remettre à flot, nous citons Delphine Minoli , un "Emirat bâti sur le sable et l'endettement"(13). Ces voisins sont-ils donc prêts ? Le lecteur a une réponse très claire dans son âme et conscience, comme Edmund Husserl dans un cas comme celui-ci, le conseille si bien à Noli (14).
(*) -NJOH ELOMBO,
Enseignant Vacataire, Université Lyon-3,
Expert Consultant International des Marchés,
Maxwell & Stamp/PLC Abbot's Court (Fl).
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NOTES ET COMMENTAIRES :
(1)-Europa : Angst vor dem Islam : Frankreich diskutiert über ein Burka-Verbot, in : Der Spiegel, 51/2009, page 112.
(2)-Tarik, Ahmad : "The Price Of Being Born Muslim", International Herald Tribune, The American Journal in Europe, December 5-6 2009, page 7.
(3)-Schmidt, Helmut : Zivilisiert den Kapitalismus ! Die Zeit, N° 49, 26. 11. 2009, page 21, qui ajoute ce qui suit : "Marion Dönhoff hat immer den Egoismus der Menschen gekämpft.
Heute haben die Staaten keine Regelungen in Internationalfinanzmärkten". Autrement dit donc, seul l'égoïsme anime l'esprit du capitalisme et les adeptes de marchés financiers internationaux. Le raisonnement de l'ancien Chancelier allemand serait pertinent jusqu'à 60-70% des cas.
-Voici ad litteram, dans la même foulée :
Merkel, Angela : Unsere Banken riskieren eine ziemliche dicke Lippe, in : Die Kanzlerin spricht, Berlin, Deutschland, 20. 11. 2009. Dans les faits, on voit donc que même les dirigeants allemands redoutent la banqueroute de l'Etat à ce Décembre 2009 encore, ce qui est surprenant. Seule l'équipe autour de M. Sarkozy, et les assurances que donne Madame Christine Lagarde concernant l'excellent fonctionnement de la "Zone Franc CFA" tropicale sur les colonnes de Jeune Afrique, ont des sons de cor différents. Pour l'équipe autour de M. Sarkozy, la "crise est derrière nous". Et pour Madame Lagarde, il y a certes crise, mais "la France est le pays qui s'en tire le mieux de tous les voisins européens". Autrement dit au 30 Octobre 2009, la situation financière est plus saine en France qu'en Allemagne !! "Ahoï", comme s'exclamerait feu Frank Rudoph Augstein !!! Alexis De Tocqueville avait certainement raison de croire que le "Français moyen n'a pas la tête à l'économie". Les dépenses
qu'on fait en France, surtout depuis l'arrivée de M. Sarkozy au 55 Rue du Faubourg Saint Honoré, ne sont ni plus ni moins que le répandage des liasses de moltonel sur le corps social.
(4)-Timmons, Heater : "Debt Crisis In Dubai Puts Islamic Bonds To Test", in : Business, International Herald Tribune, The Global Edition Of The New-York Times, December 1, 2009, page 15.
(5)-L'Islam, un problème en Europe :
-Peinado, Fernando; Carrizo, Couto-Rodrigo : "Europa recella de a su cara islàmica la prohibicion de los minaretes en Suiza revela un miedo a lo musulmàn que trasciende ideologias. "
in El Pais, 2. 12. 2009. A propos de la "situation de los musulmanes en Europa", les colonnes du "Pays" mentionnent d'ailleurs que c'est la France qui est la plus exposée aux conséquences d'un Islam idéologique, de tous les pays européens. Ceci confirme l'hypothèse de certains Chercheurs américains selon laquelle la société française se "musulmannise" profondément, et contre laquelle les investigateurs du "Courrier International" se sont vigoureusement élevés. Il y a ici des détails sur lesquels tout furetage n'aurait que du bon.
(6)-Nous avons entendu ce qui suit un jour au cours d'une séance de la Cour d'Appel de Lyon, Rue Saint Jean. C'est un Substitut qui parle à une jeune Musulmane qui semble se plaindre d'une très grande intrusion de ses frères et même de son père, tous cités devant l' audiance, dans sa vie privée :
"Mademoiselle, ici c'est la France. Vous êtes donc libre de sortir et d'aimer celui que vous voulez. La France est un pays de droit. Ce n'est pas au Coran que la société obéit, mais aux règles de droit : celles-ci autorisent une jeune fille comme vous, du moment où elle est majeure, de savourer de sa liberté comme elle l'entend. . "
Et se tournant vers les fratries, le Substitut ajoute :
"Messieurs, je crois que vous m'avez bien compris. En France les filles majeures sont libres. Ceci veut dire qu'il ne faut pas se mêler de leur vie privée. Si vous récidivez , la Cour ne sera plus clémente , et vous fera condamner très sévèrement. "
(7)-A propos de ceci, voir :
-Friedman, Milton; Schwarz-Jackobson, Anna : "A Monetary History Of The United States Of America (1867-1960)", Princeton University Press, 1963. Volumineux et méticuleux travail. Les sous-titres s'attardent sur les réformes bancaires au pays de l'Oncle Sam depuis Février 1921. Savez-vous qu'aux Etats-Unis par exemple, la loi refuse la capacité opérationnelle territoriale, à certaines très grandes banques comme la Old Stone ? Tout est passé au peigne fin : rôle des banques, monnaie et taux d'intérêt. Il est par exemple impensable que le trésor américain gère les réserves de change, comme le trésor français gère depuis des années , les réserves de change des pays africains de la Zone Franc avec la bénédiction du FMI, qu'on ne téléguide vers les "petits pays africains pauvres" que pour prescrire la feuille de route des "Politiques d'Ajustement Structurel"(PAS). Aux USA, un système de trésorerie qui gère les réserves de change inaugurerait tout simplement des monstrueuses confusions de genres. C'est le moment de constater à présent que feu Milton Friedman était non seulement un redoutable polémiqueur, mais encore un travailleur acharné
hors pair. Paix à l'âme du père de l 'Ecole Monétaire de Chicago !
(8)-La livraison est de la même teneur que celle de Timmons, déjà référencée :
-London, Thomas : "Dubaï Debt Crisis Shatters A Facade Of Indivisibility", International Herald Tribune, December 3, 2009, pages 1 et 19.
(9)-Un système de" régulation financière internationale" est-il possible, y compris celui des "marchés financiers" ? C'est ce que propose à la "Zone Euro" M. Tommasso Padoa Schioppa, Gouverneur de la Banque Centrale d'Italie, et successeur depuis quelques années déjà, du redoutable Carlos Azzeglio Ciampi lui-même passé, entre temps, Président de la République. Et pourtant, donnons un peu la parole à M. Marcus Agnus, Président du "Groupe Barclays" à la City. C'est exactement le contre-pied de ce qui est proposé à la "Zone Euro", qu'il prend sur les colonnes du "Wall Street Journal Europe". Jusqu'à la fin des temps, notre
monde restera toujours celui où la "cité est fondamentalement périssable".
(10)-Griechenland : "Gefahr fur den Euro", Der Spiegel 50/2009, page 84. Et d'ajouter : "La monstrueuse dette de la Grèce n'est pas seulement un danger pour ce pays lui-même. Mais c'est aussi un danger pour le futur et la survie de l'Union Monétaire Européenne. " Bien! Il ne faudrait pas non plus mettre tous les torts sur le dos d'Athènes. Ce n'est pas à cause de la Grèce que Mercedes et d'autres firmes allemandes délocalisent la production pour les USA et l'Afrique du Sud. Mais c'est surtout parce qu'avec l'Euro, soi-disant "monnaie unique européenne", les pays de sa zone ne supportent plus la concurrence avec le dollar, celle précisément que le lancement de cette énigme du XXIè siècle se proposait de doper. Au lancement de l'Euro pourtant, ce sont les dirigeants français les premiers, à se précipiter sur Washington demander la signature d'un accord de parité fixe et irréversible avec le dollar. On confondait manifestement les autorités de la Federal Reserve Board avec des loubards incultes à qui, dès les années 1958, feu Maurice Couve De Murville impose la signature des "Accords de la Zone Franc" : en 2009 plus que jamais auparavant, ces accords exsanguent toujours les PAZF. Mais attention : on constate aussi que tout arroseur arroserait aussi très bien non pas toujours les autres, mais bien lui-même !
(11)-Combès, Joseph : "Valeur et liberté", Presses Universitaires de France, Paris, 1978.
(12)-Sur Dubai encore :
-London , Thomas : Confusion As Fear Spreads Over Dubai's Debt : Worry Grows That The Emirates Could Be A Canary In A Mine For Indebted States", International Herald Tribune,
November 28-29, 2009, pages 1 et 14.
(13)-Minoli, Delphine : "Dubaï : la folie des grandeurs d'un Emirat bâti sur le sable et l'endettement", Pages Jaunes du Figaro Littéraire, 29. 11. 2009, page 22.
(14)-C'est feu René Letroquer, ancien Doyen de la Faculté de Philosophie de l'Université Catholique de Lyon, qui cite son collègue Edmund Husserl à partir du monumental "Direktrikische Ideen Für Eine Reine Phenomenologie" : Ecoutons : "Noli, Noli, forà innere. Innere homine
habitas veritas. "
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AMPLIATION :
-Université Jean Moulin Lyon 3;
-Institut d'Administration des Entreprises Rue Rollet;
-M. Fulchiron, Président Université Jean Moulin Lyon 3;
-GCPMA/CADOFORA;
-Archives;
-Divers.
Achevé d'imprimer le 16 Décembre 2009.
-Bibliothèque Ecole Normale Supérieure de Gerland, Lyon.
29 décembre 2009
Appel à la Solidarité pour la Libération du Journaliste Jean Bosco Talla
Appel à la Solidarité pour la Libération du Journaliste Jean Bosco Talla
Jean Bosco Talla, Directeur de Publication de l'hebdomadaire camerounais Germinal qui avait été enlevé le 10 décembre à Yaoundé, par les forces répressives du régime Biya, a été condamné le 28 décembre à Yaoundé à un an de prison avec sursis pendant 3 ans, assorti d'une amende de 3,154 millions FCFA (soit environ 5000€) pour « outrage au président de la République ».
Jean Bosco Talla n'ayant pas pu s'acquitter de cette somme sur place, juste après sa condamnation, a été ramené à la prison de Kodengui, où il est détenu dans des conditions très exécrables et dangereuses pour sa sécurité.
Le Comité International pour la Libération des Prisonniers Politiques au Cameroun (le Comité) et le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (le CODE) lancent un vibrant appel à la diaspora camerounaise et à tous les amis du Cameroun, pour qu’ils aident à sortir Jean Bosco Talla des prisons infectes de Paul Biya.
Le Comité et le CODE lancent l’opération « Freedom for JB Talla » qui consiste à mobiliser les 5000€ d’amende nécessaires pour la libération de ce valeureux journaliste, injustement condamné et emprisonné pour avoir correctement fait son travail.
Un Comité National pour la Libération de Jean Bosco Talla est en action au Cameroun et est composé de La fille du journaliste incarcéré, de Madame Maximilienne Ngo Mbè, Secrétaire Générale de PRODHOP et du Journaliste A. Gustave Azébazé de l'Union des Journalistes du Cameroun (UJC).
Nous suggérons que toute assistance soit directement envoyée à ce Comité qui peut être contacté à ces adresses:
Maximilienne Ngo MBE:<mbe_max@yahoo.fr>; Tel: 00237 98 58 229
A. Gustave Azebazé Ndjouaka: <agamedias.inc@gmail.com>; Tel +237 99 83 34 57
Pour le Comité International pour la Libération des Prisonniers Politiques au Cameroun (le Comité), Hugo Moudiki
Pour le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (le CODE),
Moise Essoh, Secrétaire Exécutif.
Tene Sop, Secrétaire à la communication
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http://journalducameroun.com//article.php?aid=3619
Cameroun: Un an d’emprisonnement pour le journaliste Jean Bosco Talla
Par Idriss Linge - 29/12/2009
Le directeur de publication du journal Germinal a été condamné par le tribunal de 1ère instance de Yaoundé
Le verdict a été rendu
L’affaire avait été placée en délibérée pour le lundi 28 décembre 09 dernier. Le tribunal de première instance de Yaoundé déclare Jean Bosco Talla coupable d'outrage au président de la République et le condamne à un an d'emprisonnement avec sursis avec trois ans de probation, selon une décision lue à l'issue de l'audience, et qui vient conclure du moins en première instance, un feuilleton judiciaire qui a débuté le 16 décembre dernier. L’avocat du directeur de Germinal, Me Jean-Marie Nouga, a indiqué que son client allait faire appel, soulignant que le tribunal "n'a pas pu établir" qu'il avait commis "une faute professionnelle". L’avocat estime par ailleurs que le sursis accordé à son client équivaut plus à une condamnation. Si en droit l’accord du sursis permet une liberté sous condition d’aller et venir du justiciable, les juges se montrent parfois vicieux et la transforme en privation de liberté. La justice l’a contraint à payer trois millions de FCFA d'amende à l'Etat du Cameroun et 154.000 FCFA de frais de justice. Reconduit en prison, il y restera s'il ne paie pas l'amende pendant la période de la contrainte par corps fixée à deux ans. Cela signifie pour lui qu’il court le risque de passer "deux années d'emprisonnement au moins". Son avocat a déclaré qu’il était dans l'incapacité de payer une telle somme. Les observateurs pensent que face à la pression des organisations de défense de la presse nationale et internationale, le gouvernement a voulu juste écarter « un gêneur » du débat d’opinions, en raison de ses positions parfois qualifiées de dures par les pro-gouvernementaux.

Jean Bosco Talla
Il a repris pour critiquer des passages d’un livre controversé
Le directeur de publication de l'hebdomadaire camerounais Germinal, arrêté le 10 décembre, et inculpé pour outrage au président de la République" avant de comparaître devant un tribunal de Yaoundé.il était reproché à Jean Bosco Talla la publication dans son journal de l'extrait d'un livre évoquant "un pacte secret" entre l'actuel président camerounais Paul Biya et son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Dans l’édition datée du 03 décembre 2009, l'hebdomadaire Germinal a consacré un dossier contenant des articles où il était fait mention d’une affaire obscure d'homosexualité au sommet de l'Etat. Le journal de Jean Bosco Talla, avec des détails précis, rapporte une version particulière des évènements ayant marqué la transition entre Ahmadou Ahidjo et son successeur constitutionnel, Paul Biya. Une version décrite par Eballe Amougou dans une publication parue à l’étranger et dont plusieurs copies sont sur le net.
Un procès vendetta?
Jean Bosco Talla s’est défendu de l’accusation d’outrage. Mais son récent passé ne l’a pas aidé dans cette affaire.. Bien que son avocat aie tenté de démontrer qu’il a repris pour les réfuter les passages contestées, les autorités n’ont pas oublié et certainement ne lui ont pas excusé la dynamique qui avait été la sienne lors de la publication du rapport sur les biens mal acquis impliquant le chef de l’Etat. Pour certains experts du droit toutes les données de l’affaire n’ont pas été examinées, involontairement ou par ignorance. A l’article 306 alinéa 9 du code pénal dont l’application est faite pour toute infraction d’outrage, il est précisé que ne constitue aucune infraction : La critique d’une œuvre d’un spectacle, d’une opinion quelconque manifestée publiquement, à condition que la dite critique ne traduisent pas une animosité personnelle.Je dirais brièvement trois choses : d’abord, l’ouvrage de Eballe Angounou est en circulation sur le net, cela n’est pas de notre fait. De plus, au moment de prendre votre décision, M. le président, vous devrez vous poser la question suivante : votre décision encouragera-t-elle ou non le journalisme d’investigation ? Enfin, M. le président, au moment de prendre cette décision, ne perdez pas de vue ces propos de Paul Biya : désormais, au Cameroun, nul n’aura plus besoin de prendre le maquis pour exposer ses opinions. Traduction, nul ne doit plus être envoyé en prison pour ses opinions a-t-il déclaré lorsque le juge lui a demandé un mot pour sa défense. Mi-décembre, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) a demandé aux autorités de remettre en liberté M. Talla, estimant que rien dans une affaire de diffamation ne saurait justifier la détention d'un journaliste.
17 décembre 2009
Affaire J.B. TALLA: Le COMITÉ POUR LA PROTECTION DES JOURNALISTES demande la dépénalisation des délits de presse au Cameroun
Un directeur de publication camerounais aux arrêts
New York, le 15 décembre 2009—Le directeur de publication d'un journal privé camerounais, accusé d'avoir insulté le président Paul Biya, est derrière les barreaux depuis jeudi dernier, selon des journalistes et des médias locaux.
Jean-Bosco Talla, directeur de publication de l’hebdomadaire Germinal a été arrêté jeudi dernier par la gendarmerie à Yaoundé, la capitale camerounaise, et conduit au Secrétariat d'Etat à la Défense pour un interrogatoire au sujet de la publication de l’extrait d’un ouvrage alléguant un présumé pacte secret entre M. Biya et son prédécesseur, le défunt président Ahmadou Ahidjo, lors de la passation de pouvoir au Cameroun en 1982. Daniel Ebalé Angounou, l’auteur de l’ouvrage publié en 2001 à Yaoundé, et soupçonné d’avoir été un ancien informateur du gouvernement camerounais, avait révélé que le présumé pacte secret entre Biya et Ahidjo aurait été de nature homosexuel. Les révélations n’ont jamais été officiellement démenties, selon la presse locale. L’extrait faisait partie d’un dossier publié à la Une sur le vingtième anniversaire de la mort de M. Ahidjo en exil au Sénégal et le sujet de l’anniversaire a été largement couvert par la presse locale
L’avocat de la défense, Jean-Marie Ngoua, a déclaré au CPJ que M. Talla pourrait être formellement inculpé cette semaine.
« Jean-Bosco Talla ne doit pas être emprisonné pour avoir publié l’extrait d’un livre », a déclaré le directeur adjoint du CPJ, Robert Mahoney. « Nous exhortons les autorités camerounaises à traiter les affaires de diffamation devant les tribunaux civils et non les juridictions pénales. Les autorités devraient abroger les lois sur l’insulte publique qui sont appliquées pour emprisonner les journalistes qui expriment des opinions divergentes », a-t-il ajouté.
Le rédacteur en chef de Germinal, Duke Atangana Etotogo, a déclaré au CPJ que la gendarmerie a appâté M. Talla par un appel téléphonique provenant d'une présumée source qui voulait rencontrer le journaliste. M. Talla, qui a déjà fait l’objet d’arrestation et de menaces pour ses enquêtes sur le patrimoine privé du président Biya et d'autres dignitaires, est le second journaliste actuellement en garde à vue pour son travail au Cameroun, selon des recherches du CPJ. L'autre journaliste est Lewis Medjo du défunt quotidien populaire, La Détente Libre.
Le COMITÉ POUR LA PROTECTION DES JOURNALISTES (CPJ), est une organisation indépendante, à but non lucratif basée à New York et devouée à défendre la liberté de la presse dans le monde depuis 1981. Veuillez consulter notre site web au www.cpj.org
15 décembre 2009
Paul Biya veut tuer le journaliste Jean Bosco Talla!
Jean Bosco Talla, écroué nuitament à la prison centrale de Yaoundé
Jean-Bosco Talla, le directeur de publication du journal Germinal, placé depuis quelques jours en garde à vue dans une cellule du Sécrétariat d'Etat à la Défense (SED), a été conduit cette nuit (14 décembre 2009 autour de 20h30) à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui où il a été placé en détention très provisoire.
Selon des informations, M. Talla fera l'objet, "exceptionnellement", d'un procès marathon demain matin au tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé, lequel aboutira, "sur instruction du Palais", à une condamnation sur le chef d'atteinte à l'honneur du chef de l'Etat, M. Paul Biya.
Le pouvoir de M. Paul Biya serait, en effet, très gêné par la pression médiatique nationale et internationale subie suite à la décision de faire arrêter le journaliste. La stratégie de la condamnation en instance devrait envoyer le journaliste dans les méandres des complexes procédures judiciaires, ce qui poussera les organisations de défense de la liberté de la presse et les politiques à oublier progressivement le concerné comme ce fut le cas pour d'autres comme Lexis Medjo, le directeur de publication de La Détente Libre.
Jean Marc Soboth -
P.O. Box: 5580 Akwa Douala - Rep of Cameroon - Phone : + 237 9 996 90 37 - Fax : + 237 3 342 66 29
13 décembre 2009
Le CODE dénonce le harcèlement contre le Journaliste Jean Bosco Talla
Le CODE exige la libération immédiate du journaliste Jean Bosco Talla !
Le journaliste Jean Bosco Talla,
Directeur de Publication du Journal Germinal
est en détention dans les locaux du SED (Secrétariat d’Etat à la Défense) à
Yaoundé, depuis le Jeudi 10 décembre, pour «Outrage au Président de la
République et propagation de fausses nouvelles». Ce n’est pas la première
fois que Jean Bosco Talla est confronté à la répression du régime dictatorial
de Paul Biya. En 2007, alors qu’il enquêtait
sur l’enrichissement illicite des dignitaires du pouvoir corrompu de Yaoundé,
JB Talla a été enlevé à Zoétélé, menotté, les yeux bandés et transporté dans le coffre arrière d’un véhicule et conduit à Douala. Pour rappel, les informations ainsi recherchées par Jean Bosco Talla se sont par la suite avérées fondées, et ont pu entre autres servir au rapport sur les biens mal acquis rédigé par l’ONG CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement).
En juillet 2009, J. B Talla avait déjà reçu des menaces très explicites de mort, après la publication de ce rapport de la CCFD qui accusait Paul Biya et les membres de sa famille biologique de posséder des biens mal acquis en France. Mr Talla avait alors été accusé par les thuriféraires du régime antidémocratique de Paul Biya, d’avoir fourni de «fausses informations» à l’ONG française.
Le 03 décembre 2009, suite à la parution du N° 46 du Journal Germinal, le journaliste J. B. Talla a de nouveau reçu des menaces d’un haut cadre du régime qui lui a balancé les propos suivants: « Faites très attention à ce que vous écrivez parce que vous pourriez connaître le même sort que celui qui a été réservé à la "Princesse"», (NB : La «princesse», sœur cadette du «feyman» (escroc) Donatien Koagne, a été retrouvée égorgée à son domicile, au quartier Santa Barbara à Yaoundé, il y a deux ans !). Le 03 décembre toujours, un autre dignitaire du pouvoir de Yaoundé a déclaré à M. Talla «faites très très attention car vos éditoriaux dans Germinal sont hautement subversifs et sont de véritables appels à la révolution contre le régime».
Il est donc très évident que Jean Bosco Talla est un journaliste dont les écrits dérangent le pouvoir liberticide de Paul Biya.
Face à un régime criminel habitué depuis 27 ans à maquiller en faits divers les plus cocasses, les assassinats politiques des Camerounais et des étrangers (braquages dans la rue, accident de la route, affaire de mœurs, etc.), les menaces de mort contre Jean Bosco Talla méritent toute l’attention des Organisations de Défense des Droits Humains et des patriotes Camerounais que le CODE appelle à protester de toute leur énergie contre les pratiques scélérates du régime barbare de Paul Biya.
Le CODE dénonce le harcèlement dont est victime le journaliste Jean Bosco Talla et exige sa libération immédiate.
Le CODE exige aussi que les auteurs des menaces de mort à l’endroit de Mr Talla soient démasqués et traduits devant les tribunaux.
En tout état de cause, nous tiendrons Paul Biya en personne, pour responsable de toute atteinte à la sécurité physique du journaliste Jean Bosco Talla, dont le seul crime est d’avoir fait sérieusement son métier de journaliste.
Fait à Paris, ce 13 décembre 2009
Pour le Comité de Coordination du CODE,
Tene
Sop Secrétaire à la
Communication
Moise Essoh Secrétaire Exécutif
30 juillet 2009
Interview du Dr Moise Essoh, Secrétaire Exécutif du CODE - Originel:Après les manifs de Paris, le CODE va encore frapper fort!
Moïse Essoh est le leader de la branche du CODE
qui a manifesté bruyamment à Paris du 21 au 25 juillet dernier. On se
souvient alors que la presse française, l'a propulsé au devant de la
scène mondiale à l'occasion de la récente visite officielle de Paul
Biya en France. En dehors de Bakary Issa Tchiroma vraissemblablement,
toute la délégation camerounaise conduite par le chef d'Etat
Camerounais ne l'a donc pas loupé. Auroélé du succès de son mouvement
anti-Biya à Paris, le leader du Code garde cependant le triomphe
modeste. Dans une interview exclusive qu'il a accordée à la rédaction
de Camer.be il revèle le plan qui a mené au succès de leurs activités
ainsi que l'avenir du Code. Il précise au passage ses rapports avec
d'autres mouvements de la diaspora camerounaise.
Moïse Essoh, vous avez organisé une manifestation devant l'assemblée nationale à Paris le 21 juillet dernier, quel message vouliez-vous porter à l'attention des parlementaires français à cette occasion?
Le CODE et ses partenaires, à travers cette manifestation, ont interpelé les représentants du peuple français pour qu’ils assument ou qu’ils se positionnent clairement sur les honneurs qui ont été rendus au chef de la dictature sanguinaire et corrompue qui sévit dans notre pays le Cameroun. En effet, comme l’a indiqué l’extrait de mon interview qui a été diffusée dans le journal de 08H00 de France Inter le mercredi 23 juillet, nous voulions dire aux Français qu’il n’était pas cohérent ni honorable pour la France, une des démocraties les plus avancées du monde, de soutenir des dictatures sanguinaires et corrompues, au motif qu’elle défend ses intérêts. Surtout lorsque ces intérêts ne sont pas ceux de la France en tant qu’Etat, mais plutôt ceux de quelques hommes d’affaires proches du pouvoir français. Cette manifestation tout comme la conférence de presse fort suivie qui a eu lieu dans la matinée, a été l’occasion pour nous d’éclairer l’opinion française sur ce que les Camerounais endurent depuis 27 ans : massacres et violations permanentes des droits humains, mascarades électorales à répétition avec des soi-disant organes de supervision des élections comme ELECAM, corruption endémique dont M. Biya lui-même a été épinglé par le récent rapport du CCFD. Enfin, nous avons appelé les Français à travers leurs députés, à interroger leurs dirigeants sur l’incohérence entre une politique inhumaine de « gestion des flux migratoires » et le soutien aux dictatures comme celle du Cameroun, qui génèrent cette émigration massive.
Avec l’association « Survie », nous avons également tenu à informer les Français eux-mêmes, pour qu’ils sachent que la Françafrique est une réalité plus tangible que jamais, et que cette Françafrique, dont le dictateur Biya est actuellement le nouveau « doyen » (car ça semble être un honneur pour lui que d’être un « doyen » d’une telle mafia politico-financière), dessert en vérité les intérêts du peuple français. Nous savions que cette interpellation allait attirer plus de médias français que si nous allions manifester ailleurs.
Enfin, il était également question pour nous de contrecarrer la communication mensongère dont le régime de M. Biya allait une fois de plus abreuver les Français mais surtout les Camerounais, comme pour dire « Parlez toujours, Sarko est avec moi ». Et je pense que nous avons largement atteint nos objectifs. Cette visite de M. Biya a permis à la majorité des Français de se rendre compte de la nature dictatoriale de M. Biya, et de l’autre côté, le dictateur camerounais n’a pas pu tirer le moindre bénéfice politique de cette visite. C’est rien du tout comme victoire, mais le changement viendra aussi de la somme de ces petites victoires. Elles ne sont pas à négliger.
La branche du Code que vous dirigez a rencontré les cadres du PS français dans la foulée de la manifestation sus-indiquée. Comment cela s'est-il passé au palais Bourbon et que retenir de cette séance de travail?
Oui, en effet, le soir même de la manifestation, nous avons été reçus, mais pas par les bonnes personnes, qui n’étaient pas disponibles. Nous avons alors refusé d’être reçus si rapidement et sans profondeur. Le lendemain matin donc, une délégation du CODE a été longuement reçue par des députés socialistes et du groupe GDR (verts, parti communiste, entre autres). La séance de travail s’est très bien passée, d’autant plus que nous avions concocté un épais dossier à l’attention des parlementaires, dossier que nous avions déjà envoyé aux concernés bien avant l’arrivée du dictateur Biya en France. C’est d’ailleurs un résumé de ce dossier, destiné à la presse, que camer.be avait publié en version PDF en même temps que notre communiqué peu avant l’arrivée du dictateur. Il n’y avait donc plus grand-chose à argumenter, sinon convaincre le groupe socialiste d’interpeller le président Sarkozy sur la visite e Biya. C’est ce que nous avons réussi à faire, et qui s’est concrétisée par la lettre du président du groupe socialiste, M. Ayrault, à Sarkozy.
Le chef du groupe parlementaire PS M. Ayrault demande désormais à Nicolas Sarkozy, le chef d'Etat français, de reprendre la feuille de route de La baule (vent de démocratisation de l'Afrique des années1990). Estimez-vous que le CODE récolte déjà là les premiers fruits de son opposition contre Paul Biya?
Comme je l’ai dit plus haut, il ne s’agit que d’une petite victoire contre l’exploitation politique que le régime dictatorial RDPC-Biya allait faire de la visite de son chef. Parler de fruits est trop prématuré, car le combat est encore très long, et ce qui s’est fait ici ne fait que partie du début. Et puis, le fruit, pour nous, ce sera le changement réel du Cameroun, dont la première et incontournable étape est le départ de M. Biya du pouvoir. « Biya must go » est pour nous la première étape, une étape indispensable, mais pas suffisante. Juste une chose encore sur la lettre du président du groupe socialiste : faire référence au discours de La Baule n’est pas la meilleure des références, le CODE en est parfaitement conscient, surtout que celui qui avait lancé cet appel en 1990 a lui-même continué avec le système mafieux de la Françafrique. Mais pour nous, le but de cette opération était d’obliger Sarkozy à se prononcer sur la situation politique et des Droits Humains au Cameroun, et de condamner ouvertement, même implicitement, son ami Biya.
Selon nos sources, vous êtes le principal leader du CODE qui a manifesté contre Paul Biya devant le parlement français. Brice Nitcheu a, de son côté, prévu de s'attaquer à la délégation camerounaise notamment en lui lançant des œufs pourris ainsi que des tomates. Êtes-vous concernés par ces actions?
Cela m’embête beaucoup d’avoir à répondre à cette question, parce que je connais les polémiques qui ne manqueront pas d’y succéder. Mais je sais également que beaucoup de compatriotes, qui ne nous connaissent pas vraiment, qui ont lu le matraquage médiatique autour de cette prétendue opération « Tomates Œufs Pourris » et qui n’ont rien vu, se posent des questions. J’insiste donc que c’est avec un certain regret que je réponds à votre question.
Nous n’avons pas du tout été concernés par
l’opération que vous citez. J’irai même plus loin, le battage
médiatique sur cette « opération », alors que ses annonceurs ne
l’avaient ni sérieusement préparée, ni même commencée, nous a
handicapé. Comme vous dites, il a annoncé qu’il « s’attaquerait,
traquerait, balancerait des œufs, etc. ». Nous ne sommes pas contre ce
type d’action, et d’ailleurs, nous avions envisagé justement de faire
une véritable opération « coup de poing », mais à Bordeaux où nous
savions que l’accessibilité de l’autocrate aurait été plus facile. Et
bien avant l’arrivée du dictateur, nous avions même pris contact avec
nos compatriotes du CCD et même celui que vous citez, pour envisager
ensemble une pareille opération, malgré nos divergences. Si nous
n’avons hélas pas pu convaincre tout le monde, c’est surtout le battage
médiatique qui annonçait un déchaînement de violence contre Biya qui a
mis la police française dans une telle alerte que cela nous a empêchés
d’être efficaces pour ce genre d’action. Conclusion, nous avons renoncé
en dernière minute à aller à Bordeaux, car, très probablement, nous
n’aurions pas été arrêtés pour quelques heures comme ce fut le cas à
Paris le mercredi 23 pour notre secrétaire à la communication, Tene Sop
et notre représentant du CODE à Paris, Emeh Elong, mais nous aurions
été arrêtés pour plusieurs jours, au moins jusqu’au départ de M. Biya,
ce qui aurait été contre-productif. Finalement, nos amis de « Survie »
Bordeaux ont dû seuls mener une opération de perturbation de la visite
du dictateur sur place.
S’il
y a une première leçon à tirer de tout ça, c’est qu’il faut désormais
crier moins et agir plus. Il faut se libérer de l’obsession d’occuper
sans cesse le devant des journaux et des sites internet. Pour moi,
c’est cette obsession qui a poussé par exemple le groupe de Nitcheu à
diffuser tous azimuts des tracts avec leur logo et leurs références,
mais qui reprenaient des activités organisées par d’autres groupes (le
CCD pour la manif de 15H00 devant l’ambassade et nous à 17H00 devant
l’Assemblée nationale), en donnant l’impression que c’est eux qui en
étaient les organisateurs. Tout ceci pour brouiller les pistes et «
rester dans la course », une course que certains opposants font dans
les médias pour se faire un nom, et que je déplore sincèrement, surtout
quand rien de concret ne suit. Nous au CODE, nous avions choisi de ne
pas dénoncer ces tracts avant l’arrivée et le départ de M. Biya, pour
ne pas offrir aux défenseurs clientélisés du RDPC l’occasion de faire
diversion sur l’essentiel. Je voudrais fermer cette parenthèse en
indiquant que le peuple, qui continue de souffrir tous les jours encore
plus, a besoin d’une opposition bien formée, sérieuse, déterminée et
ingénieuse, car l’ennemi en face n’est pas négligeable, sinon il ne
serait plus là.
Le chef de l'Etat camerounais qui a séjourné en France a rencontré officiellement son homologue français le 24 juillet. Quel commentaire vous inspire cette rencontre au sommet?
D’abord, nous avons pris acte que lors de cette rencontre, le président Sarkozy a bien été obligé de parler de démocratie et de Droits humains à son ami le dictateur Biya, pour lui demander de faire un effort, ce qui signifie qu’il n’a pas encore fait assez, bien que nous sachions tous que le dictateur agit plutôt contre la démocratie. Même si nous savons que le but de cette interpellation de M. Sarkozy, pour lui, n’était que de respecter la démocratie française, puisque qu’il avait été lui-même interpellé par des députés, pour nous, cela fait partie de la victoire du combat contre cette visite. Naturellement, la rencontre entre les deux Chefs d’Etat servait à introniser notre dictateur local comme nouveau doyen de la Françafrique, et cela a été fait. Ce combat contre la Françafrique continue donc, car la solution pour le Cameroun passe aussi par ce combat, pas seulement, mais aussi.
Quelle est la suite de vos activités, celle du Code, après la visite officielle du président camerounais en France?
Nous sommes en diaspora – pour le préciser à certaines personnes qui n’ont pas compris ce que ça signifie – et naturellement, il y a des choses que nous pouvons faire et d’autres qui ne peuvent être faites qu’à l’intérieur.
Ce que nous pouvons déjà vous annoncer que nous allons faire, c’est nous renseigner pour exploiter du mieux que nous pourrons non seulement le rapport du CCFD, mais également tous les documents dont nous pourrons disposer pour traîner M. Biya devant les tribunaux pour détournements de fonds et biens mal acquis. Vous avez déjà vu que notre partenaire, « Survie », a déjà commencé le travail en indexant les avoirs monégasques de Frank Biya. Nous nous appuierons donc sur des associations qui ont déjà un savoir-faire dans ce domaine, puisque MM Bongo et Sassou ont pu être inquiétés et sont en cours de poursuite par la justice française pour biens mal acquis.
Nous allons également renforcer l’information sur la réalité de la nature dictatoriale et sanguinaire du régime RDPC-Biya, et continuer d’œuvrer à l’isolement de ce régime partout hors de France, puisque tant que la Françafrique persistera, la France sera le dernier pays à abandonner une dictature sanguinaire mais qui lui est servile. Si Mugabe, dont le parti a quand même perdu les élections législatives, ce qui n’arrivera jamais au RDPC même au plus bas de sa popularité à cause des mascarades électorales à répétition, si donc Mugabe a pu être tant diabolisé alors qu’à notre sens il est beaucoup moins dictateur que Biya, pourquoi pas Biya, même si le gouvernement français lutte pour lui sauver la peau ? Nous pensons que c’est possible, même si c’est difficile. C’est l’un de nos rôles, à nous diaspora patriotique, démocratique et progressiste.
Pour le reste des activités, vous le saurez bien en temps utile.
© Camer.be : Hermann Oswald G'nowa
28 juillet 2009
Mme Eteki écrit au peuple de France
La raison
démocratique a besoin d’un coup de cœur.
Depuis l’arrivée du président Paul Biya en France cette semaine, des Camerounais lui ont réservé un accueil décrit comme d’habitude de façon dithyrambique. Mais d’autres Camerounais –même s’ils n’ont été eux que des dizaines comme disent vos médias, ont eu le courage de l’interpeller sur la situation de son pays et même, d’écrire à la Première Dame de France, comme l’on dit, pour qu’elle intervienne pour sortir un artiste Camerounais de prison. Et les autres, tous ceux qui croupissent dans les conditions épouvantables des « camps de concentration » qui nous tiennent lieu de prisons ? Pour avoir publié ma thèse sur ces camps de concentration en 2001, la bibliothèque du Collège interarmées de la défense du gouvernement français, a classé ce livre dans la rubrique Afrique Guerre ! Le seul livre à ma connaissance qui ait jamais été une déclaration de guerre c’est le tristement célèbre Mein Kampf… Alors je me pose souvent la question, dans la situation où se trouvent aujourd’hui la plupart des pays africains : qui fait la guerre à qui ?
Françaises, Français de bonne volonté,
Il semble que c’est Guillaume d’ Orange qui disait, « Rien ne sert d’espérer pour entreprendre… ». Si je vous écris cette lettre ce matin, c’est dans l’urgence. Urgence avant que le Président Paul Biya, en visite officiel chez vous depuis quelques jours, ne quitte votre pays pour retourner au Cameroun. Le Peuple camerounais, comme bien d’autres peuples du Continent africain, est désespéré. C’est vrai. Depuis près de 50 ans, ce peuple dont vous ne connaissez certainement pas l’histoire douloureuse pour sortir de la colonisation, ce peuple a tout essayé. Interventions à la tribune des Nations Unies dans les années cinquante, lutte armée malgré lui (jusque dans les années 60), guerre civile : une partie de ce peuple parle aujourd’hui d’un génocide qui serait classé secret d’Etat par la France. Mais comme toute réponse, il n’a eu droit qu’au totalitarisme (imposé à coup de parti unique, de polices politiques et de président – égocrate ; et enfin, une « démocratie apaisée (!) », avec son lot de mascarades électorales.
Une agence internationale nous a attribué la palme d’or de corruption pendant deux années successives ! Donc je ne vais pas m’étendre sur la situation économique et sociale du Cameroun que vos dirigeants connaissent mieux que nous. Disons pour aller vite : pays scandaleusement riche mais avec aujourd’hui une situation sociale explosive. Parce qu’une infime partie de notre peuple a confisqué- avec le soutien de vos dirigeants !- ces richesses en maintenant la grande majorité de notre population dans la misère totale. A l’heure où je vous écris cette lettre, j’ai devant ma porte, dans ce qui passait pour un quartier résidentiel avant, des compatriotes installés pour vendre des beignets et de la bouillie aux enfants qui ont encore la chance (!) d’aller à l’école. Ils sont des milliers de privilégiés à avoir fait des études dans vos écoles et prestigieuses universités et qui dorment à la maison toute la journée parce qu’il n’y a rien à faire ! Vous savez aussi qu’en février 2008, le Pouvoir de Paul Biya en a tué 139 selon les ONG, juste parce qu’ils sont descendus dans la rue –comme toute les jeunesses du monde –pour dire leur oppression. Depuis ces « émeutes de la faim », ce Pouvoir refuse toute idée de commission d’enquête sur ces crimes.
Française, Français, avez-vous du cœur ?
« Mais l’on sait bien qu’un tel état d’esprit n’est pas que de raison, et qu’il ne suffit pas d’informer sur le caractère inacceptable de la politique franco-africaine pour que tous ceux auxquels cette information advient se dressent et la fassent chuter. Chacun, y compris parmi les plus concernés, pressent que de savoir vraiment l’intolérable pourrait contraindre moralement à agir : pour éviter de subir pareille contrainte, beaucoup s’arrangent pour éviter de savoir, ou maintiennent le savoir dans le flou- ce qui leur ménagera des excuses (« Nous ne savions pas… »). Accepter de quitter ses œillères suppose de ne pas s’interdire d’avance les réactions que le savoir pourra susciter. L’information n’arrivera donc que si, la transmettant, l’on s’efforce de solliciter aussi le « cœur »- qui comprend aussi bien le besoin de dignité que de compassion, la générosité, la fraternité… » Ce sont des citoyens français qui nous ont suggéré ce propos. Pour ces citoyens français, cela implique de coaliser suffisamment de citoyens avertis, convaincus de la nécessité d’agir. Dans leur esprit, ces citoyens se rencontrent aussi bien en France qu’en Afrique : c’est leur intérêt commun de remplacer l’actuel françafrique par des relations contractuelles, au bénéfice du plus grand nombre. Si ces citoyens reçoivent un coup de main d’en haut (des occupants des palais officiels), tant mieux. Mais il est préférable de ne point trop l’escompter. Les Africains ont-ils les mêmes droits que les autres humains ? Quand est-ce que, la France, la communauté internationale nous reconnaîtront réellement ces droits ? Continuer à soutenir un régime totalitaire comme celui de Biya, c’est cultiver un sentiment anti-français qui laisse penser qu’il y a désamour entre nos deux peuples ce qui ne peut qu’aboutir aux dérapages incontrôlables comme cela s’est passé en Côte D’ Ivoire…
Françaises Français, gardez nous Paul Biya
C’est au nom de ces patriotes que je viens aujourd’hui demander au Peuple français de trouver un moyen de garder le président Paul Biya en France. De ne plus attendre qu’il soit évacué sanitaire comme ce fut le cas dernièrement pour le président du Gabon. Même quand, avec beaucoup de doigté, François Mitterrand a fait partir le premier président du Cameroun, cela nous a tout de même coûté des vies humaines. Nous ne voulons plus que nos présidents qui se sont installés au pouvoir à vie, ne reviennent dans leur pays que les pieds en avant. Vous savez bien que leurs peuples ne veulent plus d’eux : que faut-il que le peuple camerounais fasse aujourd’hui pour faire entendre cette vérité au peuple français ? Nous ne voulons plus de Paul Biya comme président ! Comment faut-il que notre peuple le dise ? Organisé un sondage, même en France : vous serez étonné du résultat ! Quand il a fallu libérer la France du nazisme est-ce que l’on a demandé leur avis à nos parents ? Le Président Sarkozy se souvient-il de la promesse faite pendant sa campagne électorale ? Nous demandons au peuple français d’exiger cette rupture d’avec la France-Afrique. Notre peuple martyrisé attend beaucoup de cette promesse.
Libérez-nous de Mr. Biya et vous verrez que non seulement vos intérêts seront mieux défendus, mais notre peuple aussi y trouvera son compte et vous en sera même reconnaissant. C’est trop facile de nous répondre que c’est une affaire qui concerne les Camerounais et les Camerounaises quand la France a permis, (et entretenu ce régime) de confisquer tout un pays depuis un demi-siècle: je sors d’un colloque à l’Université de Yaoundé I, organisé depuis deux ou trois mois par des professeurs dont certains venus de l’étranger ( !) pour célébrer probablement un des penseurs que notre pays ait jamais produit, Fabien Eboussi Boulaga. Eh bien savez-vous ce qui s’est passé ? L’Université du Cameroun s’est organisée pour empêcher ce qui devait être un événement en confisquant l’amphithéâtre qui devait héberger le Colloque (le premier jour seulement, nous a-t-on expliqués !), et les étudiants…
Nous, nous avons l’habitude de ces stratégies du
régime qui consistent à faire croire qu’il
n’y a rien en face du Pouvoir ! Alors je veux juste profiter de
l’opportunité que le ciel lui-même nous donne que le président Biya soit venu
tranquillement chez vous avec une partie de ses gens, a été reçu comme vous
avez pu… pour supplier le Peuple français au nom du Peuple camerounais de le
garder un peu chez vous , le temps que nous puissions nous organiser
tranquillement pour remettre notre pays sur la voie d’un processus de démocratisation
véritable. Les mauvaises langues disent ici, qu’il est venu de lui-même se
constituer prisonnier…en France.
Je fais confiance au génie de la patrie de la Révolution
et des droits humains que vous trouverez un moyen honorable de retarder son
retour parmi nous.
Marie Louise
Eteki-Otabela, Féministe et chercheure en sciences politique (PH.D. Uqam, 96)
A Douala, le 25 Juillet 2009
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Marie Louise Eteki-Otabela est :
- Membre fondateur du Front des Forces Alternatives, coalition de 11 partis politiques et leurs associations qui veulent changer le régime politique au Cameroun depuis 2003 ;
- Porte parole du Comité National d’ Action civique
depuis 1999, Cinquante responsables d’associations camerounaises qui veulent sauver le Cameroun
- Initiatrice du CRI des femmes Camerounaises en 2003, mouvement qui voulait 100 femmes au Parlement aux élections législatives et municipales de 2007 ; l’Assemblée nationale du Cameroun compte 180 députés dont 19 femmes !
- Présidente de la Coordination des Forces Alternatives, (la CFA) parti politique féministe légalisé depuis 1997 pour la libération du Peuple camerounais
- Epouse de René Eteki depuis 1968, mère de trois enfants et grand-mère de six petits enfants
Adresse :
mle_otabela@hotmail.com ancien Blog : http://mle.blogspirit.com
26 juillet 2009
"Le soutien de la France à Paul Biya est une menace la sécurité des ressortissants francais au Cameroun"
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Paris, France (PANA) Le soutien constant de la Fr ance au président camerounais, Paul Biya, a fait naître au Cameroun un sentiment anti-français qui expose les quelque 30.000 Français résidant dans ce pays à des représailles, a mis en garde vendredi à Paris, un responsable du Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (CODE), Tene Sop. "Ce sentiment anti-français a largement dépassé les limites. Et il suffit d'une étincelle pour que les choses s'embrasent", a averti le secrétaire à la communication du CODE dans un entretien avec la PANA. Le CODE et les partis d'opposition camerounais reprochent à Paris de n'avoir pas condamné la répression des manifestations contre "la vie chère", organisées en février 2008 dans les principales villes du Cameroun, notamment à Douala et Yaoundé. Ces manifestations avaient fait près d'une cinquantaine de morts, selon un bilan officiel, rappelle-t-on. Il est également reproché à la France d'avoir déroulé "le tapis rouge" au président Biya pour la visite officielle qu'il a entamée mardi dans le pays. "L'intérêt de la France est de soutenir le mouvement démocratique et les forces progressistes", selon Tene Sop, qui craint pour les biens des Français du Cameroun en cas d'instabilité. Selon lui, le gouvernement français n'a pas tiré "suffisamment de leçons" des émeutes anti-françaises de novembre 2004 en Côte d'Ivoire. On rappelle à ce propos que des manifestants ivoiriens s'en étaient pris aux Français et à leurs biens, accusant la France de complicité avec la rébellion, obligeant ainsi les autorités françaises à procéder à l'évacuation massive de leurs ressortissants. "Rien n'exclut que la même chose se produise au Cameroun. Le sentiment le plus répandu aujourd'hui, c'est que la France soutient Paul Biya", souligne-t-il. Les partisans d'un changement de la politique française au Cameroun ont reçu mardi le soutien des députés socialistes français François Hollande et Pierre Moscovici, ainsi que celui de l'association "Survie", réputée pour son combat contre la Françafrique. |
| Paris - 25/07/2009 |
Frank Biya, fils du dictateur Camerounais, a acquis des propriétés en France, à Monaco et en Suisse en pillant les forêts cam...
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25 juillet 2009
Visite du dictateur Paul Biya à l’Elysée:Le CODE appelle Sarkozy à faire plus d'efforts dans la dénonciation des crimes de Paul
« Le CODE appelle Sarkozy à faire un plus grand effort dans la dénonciation des graves violations des Droits Humains et des principes démocratiques par le dictateur camerounais».
Le CODE
prend acte de l’interpellation, quoique timorée, de Paul Biya par Nicolas
Sarkozy au sujet des violations droits de l’Homme au Cameroun et appelle le
président français à faire plus d’efforts dans la dénonciation des principes
démocratiques par la dictature sanguinaire de Paul Biya.
Le CODE regrette en effet que M Sarkozy n’ait pas été
plus loin en conditionnant la coopération française au respect des principes
démocratiques telles que des élections libres et transparentes, une véritable Commission
Electorale Indépendante, la lutte contre l’impunité, la liberté de presse,
etc., comme le lui a demandé le CODE, relayé par le Parti Socialiste français.
En tout Etat de cause, le CODE
attend toujours de M. Sarkozy des signes concrets de la «politique de rupture» d’avec
les régimes dictatoriaux, comme il l’avait promis.
Le CODE note toutefois que cette interpellation de
Paul Biya par Sarkozy constitue une première en 50 ans de relations
franco-camerounaises. Ce qui, à n’en point douter, constitue un camouflet
politique et diplomatique certain pour le dictateur camerounais. Ce dernier
espérait un soutien sans ambiguïté de Nicolas Sarkozy pour alimenter sa
propagande au plan interne, et tenter de se donner une nouvelle virginité après
le rapport du CCFD sur les Biens Mal Acquis,
dans lequel sa famille et lui sont largement éclaboussés.
Cette visite est également un cinglant échec médiatique,
malgré les grands frais engagés pour se payer des agents en communication
onéreux, pour s’acheter les you-yous hystériques d’éphémères «supporters»
clientélisés ou pour se payer d’onéreux encarts publicitaires dans des
journaux.
En effet, la présence de l’autocrate camerounais en
France a été superbement ignorée par les grands médias français et la presse
internationale, et lorsqu’elle a été abordée, elle donnait la part belle à la
dénonciation de la nature dictatoriale et sanguinaire du régime.
Le CODE remercie tous les Camerounais(e)s de la Diaspora et les ami(e)s
du Cameroun, notamment l’Association « Survie », ainsi que toutes les
forces politiques françaises, dont l’extraordinaire mobilisation a amené le
président Sarkozy à demander au despote camerounais, de « faire plus d’efforts pour la démocratie et les Droits de l’Homme
dans son pays».
Le CODE continuera avec détermination sa lutte pour
la démocratie au Cameroun, jusqu'à la chute effective du régime antidémocratique
et antipopulaire de Paul Biya.
Fait à Paris, le 24 juillet
2009.
Pour le Comité Exécutif du CODE,
Dr. Moïse ESSOH, Secrétaire Exécutif
G. TENE SOP, Secrétaire à la Communication
Paul Biya a bu du Bordeaux au Kärcher
La France, a accueilli du 21 au 24 juillet 2009, Monsieur Paul Biya, en vue de résorber le déficit abyssal de la dette publique camerounaise générée principalement par la politique dispendieuse, insoucieuse, du régime de Yaoundé. Une dette dépassant les 20 milliards d’euros, (soit 160 pour cent du PNB) durant ses vingt-sept ans de pouvoir. L’inviter, un 21 juillet, donc une semaine après la prise de la Bastille le 14 juillet, est plus qu’une simple balade orgiaque. Cette invitation apparaît, suite aux pressions de la diaspora et d’un rapport incendiaire du CCFD, comme un ultime hommage posthume de la part de la France, à quelques mois des élections au Cameroun de 2011.
La prestidigitation
Que les amateurs de conte de fées se détrompent : la jonction de Paul Biya avec la France n’est nullement le fruit du hasard. Elle résulte d’une double conjonction : la conjonction des intérêts des états, ceux de la France avec son pré-carré en Afrique centrale, principal soutien du Tchad contre le Soudan dans sa guerre contre la nébuleuse rébellion et l’islamisme. La conjonction des intérêts des personnes, ceux de Biya en personne, candidat à la présidence camerounaise en 2011 et de l’homme d’affaires Bolloré, ami de Sarkozy, candidat au poste d’actionnaire unique des plantations de bananes de Njombé, ensuite au port de Kribi. Avec l’arrivée de Sarkozy au pouvoir en France en 2007, Cette double conjonction donnera à la relation Biya-Bolloré une tournure singulière pour atteindre son paroxysme avec la volonté de Bolloré de non seulement maîtriser le zone portuaire de l’Afrique équatoriale, Mais aussi de prendre une part active dans les télécoms et l’agro-alimentaire au Cameroun. Ces mélanges de genres, conditionnent pour une large part les relations franco-africaines ; Sarkozy ayant été contraint par ses amis du CAC 40 à ne pas lâcher du lest en Afrique, malgré sa volonté affichée de rupture. Voilà en quelque sorte, une des raisons de la visite de Biya en France, sans que personnellement Sarkozy l’apprécie.
Tout le monde semble ignorer que, malgré l’atlantisme poussé de Nicolas Sarkozy, le désamour avec Biya, commence au moment de l’invasion de l’Irak, au paroxysme de la rivalité franco-américaine. La position de Biya est restée dans les travers de l’intelligentsia française, farouchement opposée à Georges Bush et son bellicisme. Paul Biya avait donné sa caution à Bush pour l’invasion de l’Irak. Sa visite à Washington quelques jours avant le déploiement de l’armée américaine, n’est oubliée d’aucun diplomate, surtout de Monsieur Levitte conseiller diplomatique de Sarkozy, en poste au moment des faits. Recevoir Paul Biya, même s’il n’a pas la réputation d’un Kadhafi en matière de droits de l’homme, est tout comme. Car, l’Europe redoutant la montée en puissance du fondamentalisme islamique, ne saurait laisser les terres africaines à ces zélotes qui pourraient enrôler une jeunesse désorientée, abusée par des gouvernements totalement discrédités. Et, sur un autre plan, les africains se sentant plus proches de la France que de la Chine, elle est prête, à se racheter en sacrifiant certains leaders indésirables, notamment Paul Biya.
La cuvée du CODE:
L’implosion avant son arrivée en France d’un rapport d’une ONG française et la pression du CODE, n’auraient pas pu laisser la classe politique française indifférente. Bolloré pose en filigrane le problème des rapports entre la France et le Cameroun sous la présidence de Sarkozy, tant est manifeste la connivence entre le chef de l’Etat français et l’homme d’affaires, tant est démonstrative la manifestation de leur amitié. En deux ans de pouvoir de Sarkozy (2007-2009), Bolloré aura fait douze visites de travail à Yaoundé. Sarkozy a dépêché en trois mois (mars-juillet 2009), un premier ministre avec une délégation ministérielle à la fête nationale du 20 mai 2009, tandis qu’auparavant, le 9 mars Alain Joyande était porteur d’un message de Sarkozy, record mondial absolu de tous les temps. La fréquence des retrouvailles de Bolloré avec les autorités camerounaises, la chronicité des accolades avec les dirigeants camerounais incitera un journal « L’express » propriété des Nolf et Claeys amis de Bolloré à qualifier non sans témérité de « publicité opportune », l’insertion publicitaire du gouvernement camerounais. Depuis que les relations entre la France et le Cameroun existent, c’est la première fois que Monsieur Biya, la veille d’un déplacement en France, prenne une insertion publicitaire dans un journal français. C’est aussi la première fois qu’une société de journaliste en l’occurrence celle du journal « L’express » humilie aussi radicalement un chef d’Etat africain.
Un tel commentaire à l’adresse du dépositaire d’un prestigieux héritage, de la part d’un journal conservateur nullement suspecté d’irrévérence à l’égard de la hiérarchie gaulliste, laisse songeur. Il donne en tout cas la mesure de la corrosion de la politique africaine de la France. Il donne aussi la mesure de l’érosion de la crédibilité de ses acteurs. Sarkozy étant sensible à l’opinion des journaux, a pris en compte ces facteurs, lors de son entretien avec Biya. Le communiqué de l’Elysée en lui seul dit tout, sur l’opinion que Sarkozy se fait de Biya. En langage diplomatique, il lui a demandé de démissionner. Ce communiqué demande au chef de l’Etat camerounais de faire des efforts sur : la gouvernance, la démocratie, les droits de l’homme, les élections…En somme, on demande à Biya de revoir toutes ses institutions. Donc, il n’est pas crédible.
Bon nombre d’observateurs garderont à l’esprit, l’entrée triomphale des militants des partis politiques, des associations de la diaspora, unis autour du CODE, où, emportés par un élan nationaliste, ont poussé les autorités françaises à bouter Biya hors du tapis rouge. Etant sans relief aux yeux de l’opinion publique, son homologue l’a lestement propulsé hors du champ de l’espace médiatique français : pas de conférence de presse commune, à l’instar d’un président du Brésil. Le Brésil est un pays du tiers-monde autant que le Cameroun. L’humiliation continuant son cours, les autorités françaises, ont choisi un symbole en la personne de Juppé Maire de Bordeaux, pour être l’hôte du couple Biya. Alain Juppé est le seul ministre battu lors des élections législatives de 2007, il était aussi en tant que secrétaire général du RPR, représentant de ce parti, au congrès fondateur du RDPC à Bamenda en 1985. Par ailleurs, inviter Paul Biya à Bordeaux à une exposition sur la vente des noirs, donc des esclaves, est plein d’enseignement. Enfin, Biya étant un amateur de vin, on l’a convié à la source, pour boire du bon cru au karcher. Cette démarche si peu protocolaire où la prééminence a paru se confondre avec l’avilissement, ne peut que laisser plus d’un observateur de la scène politique africaine songeur. Les Camerounais, peuvent comprendre qu’au-delà du forcing et de l’agitation, Paul Biya est vaincu. La marche des camerounais vers leur destin, n’est qu’une question de timing. Alors il ne reste plus qu’aux camerounais de se serrer la main.
Aimé Mathurin Moussy
Video de la Manifestation du 24 juillet contre la visite de Paul Biya en France
FRANCAFRIQUE
Manifestation contre la venue du président camerounais Paul Biya en France
NOUVELOBS.COM | 25.07.2009 |
Une quinzaine de personnes ont dénoncé "le soutien insolent et arrogant à une dictature qui s'enrichit sur le dos" de son peuple alors que Nicolas Sarkozy recevait le jour même le président camerounais.
Le Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (CODE) a organisé, vendredi 24 juillet, une manifestation contre la visite du président camerounais Paul Biya, reçu le même jour par Nicolas Sarkozy. N'ayant pas été autorisé à manifester devant Matignon, une quinzaine de personnes se sont rassemblées à l’angle de la rue de Varenne et de la rue du Bac, sous haute surveillance de la police.
"Une dictature qui s'enrichit sous le dos des Camerounais"
Soutenu par l'association Survie, les manifestants ont dénoncé "le soutien insolent et arrogant à une dictature qui s’enrichit sur le dos des Camerounais"
et demandent que Nicolas Sarkozy "exige du dictateur Paul Biya la mise
sur pied d'une commission d'enquête indépendante internationale au
sujet des massacres de février 2008 (139 morts selon l’Observatoire
nationale des droits de l’homme)". Pour Emeh Elong, représentant à
Paris du CODE : "cet accueil de Paul Biya par le président français,
est injuste et va dans le sens de soutenir, semble-t-il, les intérêts
des amis de Nicolas Sarkozy, notamment Monsieur Bolloré qui détient 80% de l’économie privée du Cameroun ».
(Malika-Elkord- nouvelobs.com)
Echos de la Visite de la Mobilisation du CODE dans la presse francaise
CAMEROUN
Artiste détenu au Cameroun: un collectif en appelle à Carla Bruni
NOUVELOBS.COM | 24.07.2009 | 13:27
Voici la lettre adressée jeudi 23 juillet par le Code (Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise) à Carla Bruni-Sarkozy pour lui demander d'agir en faveur de la libération de l'artiste Lapiro de Mbanga, détenu au Cameroun.
Madame la Présidente,
Le Collectif des Organisations Démocratiques de la Diaspora Camerounaise (le CODE) voudrait à travers cette lettre, attirer votre aimable attention et solliciter votre aide pour le cas de l’artiste engagé camerounais, Lambo Sandjo Pierre Roger alias Lapiro de Mbanga et des dizaines d’autres prisonniers d’opinion qui croupissent actuellement dans des cellules infectes du régime antidémocratique du Cameroun.
En effet, le chef du régime corrompu du Cameroun, le dictateur Paul Biya, est actuellement en visite en France et sera, selon le programme officiel, votre hôte à déjeuner, ce vendredi 24 juillet au Palais de l’Elysée.
Nous tenons à porter à votre attention que Monsieur Biya s’est rendu coupable du massacre en février 2008, d’au moins 140 jeunes camerounais en révolte contre la vie chère et contre la modification constitutionnelle qui lui assure le pouvoir à vie. L’exigence d’une commission d’enquête sur ces massacres, formulée par le CODE et les Organisations Camerounaises de Défense des Droits de l’Homme, n’a jamais été accepté par Paul Biya et son régime, alors que les familles des victimes attendent que les responsabilités soient établies et que justice soit rendue. Plusieurs centaines d’autres personnes restent écroués dans le cadre de ces émeutes de février 2008, donc le Maire Paul Eric Kingué, accusé lui aussi d’avoir «manipulé» les jeunes gens. Ce sont incontestablement des prisonniers politiques.
A la suite de ces manifestations de février 2008 donc, le pouvoir de Paul Biya a fait arrêter Lapiro de Mbanga, au prétexte que ce dernier aurait manipulé et incité les jeunes à se soulever contre le régime. Lapiro a été condamné, après un simulacre de procès, à 3 ans d’emprisonnement ferme et à plusieurs centaines de milliers d’euros de dommages et intérêts.
En réalité, l’artiste Lapiro de Mbanga est emprisonné pour ses opinions politiques pour la dénonciation, au travers de ses chansons des tares congenitales du pouvoir dictatorial corrompu de Paul Biya.
Lapiro de Mbanga, artiste engagé dans la défense des Droits de l’Homme, des pauvres, des orphelins, des veuves, des veufs, des sans-terres, des sans-logis et des laissés pour compte du Cameroun, mérite toute votre sympathie, au même titre qu’une Ingrid Betancourt en Colombie ou autrefois un Ken Saro Wiwa au Nigeria.
C’est parce que nous connaissons votre passion de l’art et votre sensibilité pour les damnés de la terre que nous vous prions de bien vouloir intercéder auprès du Président Sarkozy et des autorités françaises pour qu’elles fassent pression sur le pouvoir dictatorial camerounais, afin que Lapiro de Mbanga, Paul Eric Kingué et tous les autres prisonniers politiques camerounais recouvrent très rapidement la liberté. Aussi, le peuple camerounais appréciera à sa juste valeur, votre soutien pour la mise sur pied d’une Commission d’Enquête pour faire la lumière sur les 140 victimes des massacres de février 2008 au Cameroun.
Restant à votre disposition pour toute suite effective que vous réserveriez à ce courrier, nous vous prions de croire, Madame la présidente, en nos sentiments déférents et distingués.
Fait à Paris, le 23 juillet 2009.
Pour le CODE,
Dr. Moïse ESSOH, Secrétaire Exécutif (UPC) ;
G. TENE SOP, Secrétaire à la Communication (CNR-MUN)
Dr. Patrice NDJOUMI, Secrétaire aux finances (CFM)
Magloire ZINTCHEM, Secrétaire administratif (CFD)
Augusta EPANYA, Membre.
Dr. Samuel NJUFFOM, Membre.
René EMEH ELONG, Membre.
Pr. Franklin NYAMSI, Membre.
Dr. Patrice NDJOUMI, Membre.
Jeannot ANKAYE, Membre
Elisette ABADA, membre.
(Nouvelobs.com)
Nicolas Sarkozy évoque les droits de l'homme avec Paul Biya
NOUVELOBS.COM | 24.07.2009 | 17:53
Le chef de l'Etat a demandé au président camerounais de "poursuivre" et d'"approfondir" ses "efforts" pour la démocratie et les Droits de l'Homme, lors d'un déjeuner à l'Elysée. La visite a été vivement critiquée.
La situation intérieure camerounaise, y compris les questions de gouvernance, de démocratie et de droits de l'Homme, a été évoquée vendredi 24 juillet lors de l'entretien entre Paul Biya et Nicolas Sarkozy, selon l'Elysée. Nicolas Sarkozy a demandé au président camerounais de "poursuivre" et "approfondir" ses "efforts" pour la démocratie et les droits de l'Homme. Le président français a également rappelé que "la bonne gouvernance était un critère essentiel de développement" et "combien il était essentiel que des élections aient lieu". "La démocratie et les droits de l'Homme sont une préoccupation constante du président", a affirmé l'Elysée à l'issue de l'entretien.
Une aide au développement de 537 millions d'euros
Lors de l'entretien, Nicolas Sarkozy a assuré que la France maintiendrait son aide au Cameroun malgré la crise. Il a confirmé les 537 millions d'euros promis sur cinq ans dans le cadre du contrat de désendettement et de développement (C2D), qui prévoit une annulation de la dette bilatérale en échange d'investissements dans des secteurs prioritaires.
Une visite critiquée
L'opposition et les Camerounais vivant en France ont vivement protesté contre la visite de Paul Biya. Au pouvoir depuis 1982, le président camerounais, âgé de 76 ans, a fait voter une révision constitutionnelle pour briguer un nouveau mandat en 2011. Cette manœuvre avait provoqué l'an dernier de violentes émeutes à Yaoundé et Douala qui avaient fait 24 morts, selon le gouvernement, et au moins 139 morts, selon les défenseurs des droits de l'Homme. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault avait écrit mercredi à Nicolas Sarkozy pour lui demander de parler de démocratie au président camerounais. Le député souhaite que Nicolas Sarkozy reprenne "la feuille de route exposée à La Baule en juin 1990" par François Mitterrand. Ce dernier avait déclaré que "cette aide traditionnelle et ancienne" de la France serait "plus tiède face aux régimes qui se comporteront de façon autoritaire" et "enthousiaste envers ceux qui franchiront avec courage ce pas" vers la démocratisation.
"Une prime à la dictature"
Le Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (Code) a dénoncé "une prime à la dictature". "Lorsque le gouvernement français lui tend la main, lui déroule le tapis rouge, il s'agit d'une prime à l'impunité, à la dictature", exalte Guillaume Tene Sop, responsable du Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (Code). Il dénonce "le soutien insolent et arrogant à une dictature qui s'enrichit sur le dos des Camerounais". Le collectif souhaite de Nicolas Sarkozy "exige du dictateur Paul Biya la mise sur pied d'une commission d'enquête indépendante internationale au sujet des massacres de février 2008". De plus, le Code appelle la France à faire pression sur Paul Biya pour qu'il crée une commission électorale indépendante et "déclare ses biens et la provenance de ses biens".
Le socialiste François Hollande a apporté son soutien au collectif, estimant que "nous devons faire pression pour que le président Sarkozy, en recevant Biya, dise que la démocratie n'est pas réservée à certains pays mais qu'elle est universelle", a-t-il dit.
Favoriser une dynamique régionale
L'entretien a également porté sur les questions régionales. Nicolas Sarkozy a exprimé sa conviction que le Cameroun pouvait jouer un "rôle moteur" pour "favoriser l'émergence d'une dynamique régionale", selon l'Elysée. Ce rôle était traditionnellement rempli par le président gabonais Omar Bongo, décédé début juin. Interrogé par la presse sur sa volonté de prendre la succession du Gabonais, Paul Biya a répondu qu'il était "disponible". Paul Biya a entamé une visite officielle en France mardi et qui s'achève vendredi.
(Nouvelobs.com).
L'Express : une pub pour le Cameroun qui dérange
NOUVELOBS.COM | 24.07.2009 | 12:10
L'Express diffuse une publicité pour des sites internet de la présidence du Cameroun. La SDJ estime que c'est "en totale contradiction avec le traitement éditorial qui est réservé à ce dirigeant" dans leurs colonnes.
La Société des journalistes (SDJ) de L'Express dénonce l.a publication dans l'hebdomadaire d'une publicité pour des sites internet de la présidence du Cameroun, estimant qu'elle "nuit à l'image" du journal, vendredi 24 juillet dans un communiqué.
Dans son édition de jeudi, L'Express publie une demi-page de publicité pour la "webTV de la présidence du Cameroun" et la "webTV des réformes et réalisation du Cameroun".
Une publicité opportune
"Cette publicité, qui paraît opportunément à l'occasion de la visite officielle en France (du président du Cameroun, Paul Biya), nuit à l'image de L'Express en induisant le doute sur la caution qu'apporterait le journal à un homme régulièrement dénoncé pour ses manquements démocratiques", déplore la SDJ.
Elle s'inscrit "en totale contradiction avec le traitement éditorial qui est réservé à ce dirigeant dans nos colonnes", ajoute-t-elle.
La SDJ estime qu'"aucune raison économique ne doit conduire le journal à accepter ce genre de publicités", dénonçant la succession "dans un passé récent" d'autres encarts publicitaires "tout aussi contestables", par exemple concernant un livre entretien avec le président du Congo, Denis Sassou-Nguesso.
(Nouvelobs.com).
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http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-07-22-Cameroun
La valise diplomatique
mercredi 22 juillet 2009
Controverse autour de la visite en France de M. Paul Biya
Le président de la République du Cameroun, M. Paul Biya, est arrivé en France le 21 juillet pour une visite officielle de quatre jours. M. Moïse Essoh, secrétaire exécutif du Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora camerounaise (Code), a estimé lors d’une conférence de presse que M. Biya, au pouvoir depuis 1982, était le « nouveau doyen de la Françafrique depuis la mort du dictateur Bongo ». Le Collectif demande la mise en place d’une commission d’enquête indépendante internationale sur la répression du mouvement social de février 2008, qui, selon l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH), a fait au moins 139 morts. Il veut aussi que M. Sarkozy, « et son épouse, Carla Bruni, qui a chanté pour Mandela », exigent la libération immédiate de tous les prisonniers politiques.
L’ancienne métropole compte parmi les premiers partenaires commerciaux du Cameroun. Le groupe Bolloré, dont les médias soignent avec ardeur l’image internationale du président Biya, y est particulièrement bien implanté...





